Renaud lui apporte son soutien officiel, ses fans le clashent — Emmanuel Macron

04 Avril, 2017, 01:05 | Auteur: Sue Barrett
  • Emmanuel Macron candidat d'En Marche! à l'Elysée ne prétend pas être un président normal, mais un président qui préside

"Au second tour, l'éliminé des deux appellera à voter pour l'autre, ils l'ont déjà dit", ajoute la candidate au sujet d'un probable front républicain qui pourrait se mettre en place en cas de qualification de sa part.

C'est la rencontre la plus commentée de ce début de week-end de campagne: Emmanuel Macron et Christian Estrosi.

Les onze candidats à l'élection s'affronteront au cours d'un débat télévisé demain soir sur CNews et BFMTV. Un point sur lequel Emmanuel Macron l'avait alors rejoint.

Quant à son Premier ministre, il ne "sera pas un collaborateur", a-t-il poursuivi, en référence au terme utilisé par Nicolas Sarkozy pour qualifier François Fillon, alors locataire de Matignon. En sonnant le rappel électoral de la droite: "Ne vous laissez pas imposer un scénario écrit d'avance par les plumitifs du pouvoir socialiste qui vous disent: "Après le monarque, c'est le tour du petit prince".

François Fillon a de nouveau ciblé hier en Corse son concurrent dans la présidentielle Emmanuel Macron, l'accusant de "supercherie" et "de faire semblant d'être un dissident" mais aussi de porter un projet dans "la continuation" de celui de François Hollande. "Macron, c'est du populisme mondain", a dit par exemple dans Le Parisien François Baroin dont le nom circule pour être un éventuel premier ministre. Tandis que son immunité présidentielle le protégera.

Cette stratégie a été payante au vu de la percée du FN qui est passé de 18,3% des suffrages au premier tour de la présidentielle de 2012 à 28,4% au premier tour des régionales de 2015. D'où l'importance de ne pas se laisser distancer et, mieux, de recoller au score dans les sondages, en misant sur les états d'âme des électeurs conservateurs déboussolés. "C'est le pire des risques", estime encore l'ancien ministre de l'Economie.

Informé par deux journalistes, du Figaro et de Paris Match, que le candidat d'En marche! était reçu hier matin à Marseille, à sa demande, par le président LR de la région PACA Christian Estrosi, M. Fillon a d'abord ri, avant de glisser, selon ces journalistes, que "M. Estrosi devrait faire attention à ce qu'il dit". "J'ai décidé de rendre visite à Christian Estrosi, nous avons des divergences mais c'est un républicain", déclarait Emmanuel Macron, considérant que François Fillon avait montré la veille " le masque de la haine et de l'indignité ". "Maintenant, la fragilité est du côté de Macron".

Pour le candidat d'En marche, qui se glisse volontiers dans le costume de l'homme neuf, nullement comptable du bilan du quinquennat, " cela fait plus de vingt ans que la gauche et la droite se partagent les affaires du pays, vingt ans de blocage ". Tout faux pas peut lui faire perdre du terrain, d'autant que tous ses adversaires l'ont dans leur ligne de mire.

Il est cependant difficile de savoir si ces échanges, desquels Jean-Luc Mélenchon s'est tenu éloigné dans son meeting de Châteauroux (il s'est contenté de moquer la méconnaissance d'Emmanuel Macron du sens des paroles d'une chanson d'IAM) auront un impact sur les sondages des principaux intéressés.

Dans l'équipe de campagne de Benoît Hamon, on cherche le bon ton pour se faire entendre. Il prédit donc, après l'élection, "une recomposition entre une partie de la droite et l'extrême droite, que François Fillon le veuille ou non".

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