Cazeneuve réunit plusieurs ministres à Matignon — Guyane

04 Avril, 2017, 04:51 | Auteur: Lynn Cook

Le collectif à l'origine du mouvement social en cours depuis deux semaines dans le département français de la Guyane a réclamé un "nouveau statut" pour ce territoire.

Ce collectif, qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, a exigé dimanche le déblocage immédiat de 2,5 milliards d'euros pour permettre le développement du territoire.

Des centaines de personnes massées en contrebas ont réagi par des cris de joie. Mme Bareigts "fait comme si elle ne savait pas que nous avons 50 ans de retard, qu'on subit, que nous voyons de la misère dans notre pays. Nous allons lui montrer", a pour sa part commenté Olivier Goudet, au nom du mouvement des "500 frères contre la délinquance", un groupe qui s'est organisé après le meurtre d'un habitant d'un quartier populaire et qui assure vouloir lutter "contre l'insécurité en Guyane".

Le gouvernement, par la voix de Mathias Fekl et d'Ericka Bareigts, a proposé un plan de 1,085 milliard d'euros. Tandis que la Guyane est en grève générale depuis une semaine et peine à s'accorder avec le gouvernement, le Premier ministre a refusé ce lundi 3 avril la requête du collectif guyanais qui demandait 2,5 milliards d'aide d'urgence.

Des accords sectoriels ont également été conclus notamment sur "l'économie", "l'agriculture", "le BTP", "les activités minières" ou encore "les communautés amérindiennes et bushninengue", selon la ministre des Outre-mer.

Le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, déjà reparti pour Paris où François Hollande le recevra lundi matin, avait estimé samedi que "le gouvernement a (vait) entendu les aspirations et les demandes des Guyanais". Il avait listé une série de "décisions fermes et sans appel" et affirmé que les 428 revendications du collectif avaient été "passées en revue, expertisées". La réunion est destinée à apporter une réponse au collectif "Pou La Gwiyann dékolé" ("Pour que la Guyane décolle"). Une manifestation est prévue près du site de lancement mardi.

Du côté du Medef de Guyane, on joue la carte de la solidarité, comme l'explique son porte-parole Stéphane Lambert: "Nous avions obtenu l'essentiel de nos revendications, mais nous avons décidé de rester solidaires".

M. Rimane avait ensuite justifié à l'AFP cette exigence par la volonté de se débarrasser d'un lien "trop centralisé et vertical avec Paris", qui empêche la Guyane "d'avancer".

En 2010, un référendum sur l'autonomie de la Guyane avait débouché sur une large victoire du "non".

Il a ralenti la vie économique et maintient la fusée Ariane 5 au hangar.

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