Bombardier : Le DG prend l'initiative dans la polémique salariale

03 Avril, 2017, 10:38 | Auteur: Aubrey Nash

Plusieurs ont fait part de leur indignation en raison du montant global - qui tient compte des primes, de la rémunération en actions et de la valeur du régime de retraite - de 32,6 millions $ US, en hausse de 50 pour cent sur un an, octroyé aux six plus hauts dirigeants.

La réaction a été bien différente du côté du Parti québécois, où le porte-parole en matière d'économie, Alain Therrien, a souligné que la haute direction de l'entreprise devait déjà recevoir une partie de sa rémunération au cours des prochaines années.

NEW YORK, 3 avril (Reuters) - Alain Bellemare, le directeur général de Bombardier, a demandé au conseil d'administration de reporter en 2020 le versement de plus de la moitié de la rémunération totale de 2016 de six dirigeants. "J'espère qu'un actionnaire important de Bombardier, c'est-à-dire le gouvernement du Québec, va demander le retrait de ces augmentations", a-t-il dit. Les détails seront fournis dans une nouvelle circulaire de sollicitation qui sera déposée cette semaine auprès des autorités réglementaires.

Certains militants ont aussi déploré la réaction "molle" du gouvernement de Philippe Couillard, qui a critiqué cette décision, mais qui n'a pas remis en question l'investissement de 1,3 milliard $US consenti à Bombardier pour le développement de l'avion CSeries.

La Coalition avenir Québec (CAQ) demandait même d'aller plus loin et de rouvrir l'entente avec Bombardier.

Jean-Marc Fournier, ministre et leader parlementaire du gouvernement québécois, a déclaré être venu à la manifestation pour exprimer, au nom de son gouvernement, que celui-ci "entend la voix des Québécois".

"Je ne pense pas que notre relation (avec les Québécois) va être entachée parce que nous corrigeons le tir, a affirmé M. Bellemare".

Interrogé jeudi, le Premier ministre canadien n'avait pas clairement condamné la politique salariale de Bombardier.

Notre sondage d'hier démontrait qu'une écrasante majorité de Québécois (93%) se dit contre la décision de la compagnie de gonfler de 48% la rémunération de ses hauts dirigeants, malgré les milliers de mises à pied et l'octroi d'importantes aides gouvernementales. Pierre Beaudoin précise, via un communiqué de l'entreprise transmis dimanche, avoir pris cette décision "après avoir écouté les récents débats publics sur la rémunération des hauts dirigeants de Bombardier", alors que le tollé se poursuivait le même jour, plusieurs centaines de personne s'étant rassemblées devant le siège du groupe à Montréal pour manifester durant l'après-midi. Pendant ce temps, l'entreprise prévoit éliminer quelque 14 500 postes à travers le monde d'ici la fin de l'année 2018, dans le cadre de son plan de redressement.

Le PDG du groupe, Alain Bellemare, a touché 12,5 millions de dollars (+47%) et le président du conseil d'administration Pierre Beaudoin, ancien PDG écarté en février 2015 au profit de M. Bellemare, 6,8 millions (+36%).

Le gouvernement fédéral a émis un prêt de 372,5 millions de dollars le mois dernier pour les programmes d'avions CSeries et Global 7000, tandis que la province du Québec a récemment versé 1 milliard de dollars américains dans le programme CSeries. Les cinq autres dirigeants concernés n'ont pas encore réagi.

Recommande: