Donald Trump subit un nouvel échec — Réforme de l'Obamacare

26 Mars, 2017, 01:53 | Auteur: Lynn Cook

Donald Trump a mis un terme jeudi soir aux négociations sur sa réforme de la santé, défiant les rebelles de la majorité républicaine qui menacent de torpiller la première grande loi de son mandat.

Le juge fédéral de Seattle, James Robart, a bloqué le 4 février, l'application du décret qui interdisait l'entrée du territoire américain aux ressortissants de sept pays musulmans (Iran, Irak, Syrie, Yémen, Somalie, Libye et Soudan), ainsi que de tous les réfugiés. Il s'est dit "déçu" et "un peu surpris". Un vote, d'abord prévu jeudi puis repoussé à vendredi, a finalement été annulé quelques minutes avant. "Le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a quant à lui accusé le coup".

"C'est peut-être la meilleure chose qui pouvait nous arriver, car nous allons finir avec un projet de loi vraiment excellent dans le futur, quand cette pagaille qui a pour nom Obamacare aura explosé", a-t-il déclaré. "Nous étions très proches, mais nous n'avons pas obtenu de consensus".

Le président républicain a aussi redit sa conviction qu'Obamacare allait s'effondrer d'elle-même. D'autant plus que l'échec de Donald Trump est dû à des dissensions au sein de son propre camp, majoritaire dans les deux chambres du Congrès, tandis que Barack Obama avait dû faire face à un Congrès a priori nettement plus hostile.

Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, avait préparé le terrain en affirmant plus tôt que Donald Trump avait "fait tout ce qui était possible" pour que la loi passe.

Négociateur hors pair ou non? Mais M. Trump, selon ses détracteurs, a sous-estimé l'impact réel de la réforme sur le système de santé, un enchevêtrement d'assurances publiques et privées.

En vertu du " Trumpcare", près de 24 millions de personnes auraient perdu leur couverture médicale d'ici dix ans et les assureurs n'auraient plus eu à offrir dans leur régime certains services essentiels comme les urgences et les soins de grossesse. C'est en effet des membres du Parti républicain qui ont fait capoter le projet de réforme. Et les républicains martèlent que l'abrogation d'Obamacare était la condition préalable à la grande réforme fiscale qu'ils veulent adopter cette année.

Des médias conservateurs ont commencé à attaquer préventivement le "Speaker" ces derniers jours pour la défaillance de sa stratégie et le contenu de sa loi, qui aurait frappé une partie de l'électorat populaire du milliardaire. Après plusieurs heures de silence, le président américain s'est de nouveau tourné vers Twitter pour dénoncer la loi de son prédécesseur démocrate Barack Obama, détestée des républicains.

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