60 ans d'union — Europe

26 Mars, 2017, 00:54 | Auteur: Sandy Vega

"Il y a des signatures qui durent", a commenté Jean-Claude Juncker, longuement applaudi.

Accueillis sous un soleil éclatant par le Premier ministre italien Paolo Gentiloni, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ont chacun à leur tour traversé la grande place du Capitole, dessiné par Michel-Ange, avant de se réunir dans la salle des Horaces et des Curiaces, qui avait accueilli six d'entre eux il y a 60 ans. Elle a décidé de lancer la complexe procédure de séparation d'avec le bloc européen mercredi prochain.

Dans une déclaration solennelle, les 27 devaient affirmer samedi que leur "Union est une et indivisible", en réponse explicite au Brexit, selon le projet de document final obtenu par l'AFP. Après la cérémonie, ils adopteront une déclaration dans laquelle ils proclameront leur unité et insisteront sur l'avenir commun de l'Union.

Davantage d'Europe, une autre Europe ou contre l'Europe: des milliers de personnes - pro et anti-UE - ont défilé samedi à Rome, sans incident, dans différents cortèges, sous haute surveillance.

Des noces de diamant, et la photo d'une Europe unie en façade.

Mais au-delà des voeux pieux, la "Déclaration de Rome" de samedi elle-même n'a pu échapper aux divisions qui opposent les Européens. Et de fait, les 27 lui ont garanti d'oeuvrer à une Union qui "favorise le progrès économique et social" et "qui prenne en compte la diversité des systèmes nationaux et le rôle essentiel des partenaires sociaux".

Ainsi, l'Europe à "plusieurs vitesses", le contentieux le plus disputé, est devenue dans la Déclaration de Rome une Europe à des "rythmes différents". "Nous serons plus forts ensemble pour faire face au terrorisme". Un paragraphe minutieusement rédigé pour tenter de rassurer la Pologne et les autres pays réticents, qui redoutent d'être exclus du "club" en raison de leur opposition récurrente aux projets de Bruxelles, en ce qui concerne par exemple les politiques migratoires.

Le Colisée a ensuite vu converger quelque 5 000 partisans d'une Europe fédérale, certains étaient drapés aux couleurs européennes, tandis que des Britanniques anti-Brexit arboraient l'Union Jack frappé des étoiles européennes ainsi que des pancartes en italien "Nous serons toujours européens". "Nous ferons en sorte" que le Brexit "ne soit pas au détriment de l'Europe", a averti à ce sujet le président François Hollande dans une déclaration à la presse.

Au même moment, des dizaines de milliers d'Européens sont descendus dans les rues de Londres, Berlin ou Varsovie pour marquer leur attachement à l'Union à 28, aujourd'hui fragilisée par le départ des Britanniques.

"C'est elle qui a choisi de ne pas être là".

"Il y a des choses qui ne sont pas à vendre".

Avant la signature, le président du Conseil européen Donald Tusk a exhorté les 27 de l'UE à "prouver aujourd'hui qu'ils sont les dirigeants de l'Europe".

Dès vendredi, M. Tusk est censé présenter une ébauche des "orientations de négociation" des 27.

Samedi, les dirigeants de 27 États membres de l'Union Européenne se sont retrouvés au Capitole (Rome), dans un palais de la Renaissance, pour renouveler leurs voeux de mariage et fêter les 60 ans du traité de Rome.

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