Un militant LGBT algérien violé à Marseille

14 Mars, 2017, 00:08 | Auteur: Lynn Cook
  • Image d'illustration

Zak Ostmane, 35 ans, militant de la cause homosexuelle, bisexuelle et transexuelle, journaliste freelance et réfugié en France depuis 2014, raconte les 36 heures de cauchemar qu'il a vécues.

La soirée s'annonçait pourtant radieuse au bar "Le Polikarpov" à Marseille.

C'est pour " dire aux gens qu'il ne faut pas se taire " que Zak Ostmane a voulu témoigné, " en tant que militant " dit-il à Yagg. "J'avais posé ma bière dehors et quand j'ai rebu dedans, je me suis senti comme un zombie quelques minutes après". Une substance aurait a priori était diluée dans son verre au moment où il détournait son attention. Il distingue un accent anglais et un accent américain. L'Algérien poursuit: "J'ai dit oui sans réfléchir, alors que ça n'est pas mon genre ". Sans qu'il sache trop comment, un deuxième homme se joint et le trio se rend dans un hôtel.

Selon lui, les deux agresseurs sont des ex-légionnaires, un Américain et un Anglais. "J'ai visiblement eu un moment d'inconscience totale parce que quand je me suis réveillé, il était en train de me sodomiser ". Ils prévoient surtout de faire subir à Zak les pires sévices. Il a exigé de l'argent. J'ai donné ma carte bleue, mais avec un faux code. "Cela a été l'erreur de ma vie", rapporte Zak Ostmane. L'Américain est revenu bredouille et, du coup, l'Anglais, qui prenait régulièrement de la coke et du whisky, m'a roué de coups de poing et de pied. D'après Zak Ostmane, l'homme aurait arraché les draps du lit, et l'aurait attaché aux poignets et aux chevilles à une chaise, avant de se "servir de lui comme punching-ball". "L'Américain s'est revendiqué skinhead, il a pété un câble, s'est mis à parler de Trump, du fait qu'en France on se moque de lui, il a évoqué les Arabes et les noirs en France". Alors qu'il crie au secours, ses agresseurs le menacent de mort avec un couteau et lui demande de "nettoyer le sang qu'il y avait sur les murs".

Les coups s'arrêtent lorsque les deux hommes envoient à leurs amies des vidéos de l'agression.

C'est le dimanche matin, après un jour et demi de calvaire, que Zak parvient à échapper à ses tortionnaires. Il ouvre alors la fenêtre et hurle dans leur direction. Alors que les deux hommes somnolent, il aperçoit une patrouille de police dans la rue. Il a identifié l'un deux comme un légionnaire, l'autre comme un déserteur de la légion étrangère.

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