Turquie: réunion militaire au sommet avec Washington et Moscou

08 Mars, 2017, 01:27 | Auteur: Lynn Cook

Les chefs d'état-major turc, américain et russe se sont rencontrés en Turquie afin d'évoquer leurs engagements en Syrie, dont les intérêts sont parfois contradictoires.

Le Turc Hulusi Akar, l'Américain Joseph Dunford et le Russe Valery Gerasimov se sont rencontrés pour discuter de questions concernant la sécurité régionale, notamment la situation en Syrie et en Irak, selon le communiqué.

Les tensions se cristallisent autour de la ville syrienne de Minbej, d'où la Turquie veut chasser les milices kurdes YPG, mais dans les environs de laquelle les Etats-Unis ont déployé des militaires et la Russie a envoyé des véhicules de transport blindés. Le fait que la Russie soutient résolument le président syrien Bachar al-Assad et la Turquie les groupes armés et politiques de l'opposition n'a pas empêché les deux pays de se rapprocher, voici quelques mois, pour lancer en commun des initiatives visant à relancer le processus des pourparlers de paix et à renforcer celui de la lutte contre les groupes terroristes, à savoir l'EI et Fateh al Cham, ex-Al Nosra.

Or, toutes ces forces combattent les jihadistes en Syrie et un affrontement entre ces factions rivales pourrait nuire à la lutte contre l'EI, au moment où le groupe ultraradical est sur la défensive.

Elle considère en effet ces dernières comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), sa bête noire. Il est à noter que cette réunion trilatérale intervient à trois jours seulement d'une visite à Moscou du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui sera reçu par Vladimir Poutine, sans doute pour une évaluation du processus mis en oeuvre depuis la conclusion du cessez-le-feu en Syrie.

Le déploiement de soldats par Washington à Manbij a contribué au recul d'Ankara. D'ailleurs, le porte-parole du Pentagone, Jeff Davies, a été clair en affirmant "dissuader les parties d'attaquer tout autre ennemi que le groupe Etat islamique".

Pour Washington, les FDS représentent les forces combattantes locales les plus efficaces pour affronter au sol l'EI, alors que se profile une vaste offensive contre la " capitale " autoproclamée de l'EI, Raqa.

" On ne peut annihiler une organisation terroriste avec une autre organisation terroriste", a insisté le Premier ministre Yildirim mardi.