L'Europe à plusieurs vitesses — Versailles

08 Mars, 2017, 00:41 | Auteur: Sandy Vega
  • François Hollande et Angela Merkel. Les dirigeants de la France l’Italie l’Allemagne et l’Espagne se réunissent lundi pour préparer l’avenir de l’UE

Hôte en son château de Versailles, François Hollande a reçu lundi l'Allemande Angela Merkel, l'Espagnol Mariano Rajoy et l'Italien Paolo Gentiloni pour un "mini-sommet" à son initiative.

UE de la défense, UE de la fiscalité. Pour François Hollande, la situation géopolitique créée par l'élection de Donald Trump, qui a multiplié les déclarations de défiance à l'égard de l'Union européenne comme de l'Otan, et les ambitions de la Russie, qui entend "s'affirmer comme une puissance", l'exige.

Pour Paris, cette relance du projet européen passe par l'Europe de la défense qui inclurait la Grande-Bretagne, malgré le Brexit.

Pour François Hollande, la "méconnaissance de ce qu'est l'UE" manifestée par le président américain, "oblige" précisément l'Europe "à lui démontrer sa cohésion politique, son poids économique et son autonomie stratégique". Les vingt-sept y célébreront en effet le 60e anniversaire du traité de Rome. L'idée d'une Europe à plusieurs vitesses, l'un des scénarios proposés le 1er mars par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker dans son livre blanc a été largement débattue.

" L'unité n'est pas l'uniformité ", a insisté le président français, qui a pris la parole en premier, évoquant notamment la nécessité de " coopérations différenciées pour que quelques pays puissent ensemble aller plus vite, plus loin " sur la défense, l'intégration de la zone euro, l'harmonisation fiscale, " sans que d'autres soient écartés mais sans que d'autres puissent s'y opposer ". Le chef du gouvernement italien souhaite, lui, "une Union européenne plus intégrée", avec "différents niveaux d'intégration" avec une priorité consacrée à la croissance et à l'investissement. Car, il ne s'agit pas d'une réunion de crise. "Sans un nouvel esprit européen, l'UE sombrera dans la dilution et la dislocation" a déclaré François Hollande dans un entretien accordé à plusieurs journaux Européens. Quant à Mariano Rajoy, il a simplement indiqué que "l'Espagne est disposée à aller plus loin dans l'intégration avec tous ceux qui voudront la poursuivre". Pour ne froisser personne et éviter d'apparaître en "prescripteurs", les dirigeants des quatre pays les plus peuplés d'Europe devraient toutefois se garder de toute annonce concrète lundi à Versailles. Paris y est favorable alors que le parti conservateur nationaliste au pouvoir en Pologne s'y oppose.

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