ETATS-UNIS. La lente agonie de l'"Obamacare", qui vit ses dernières heures

08 Mars, 2017, 00:25 | Auteur: Lynn Cook
  • AFP                       Aides limités baisse d'impôt et surfacturation les républicains dévoilent leur projet d'abrogation d'Obamacare

La majorité républicaine du Congrès a lancé lundi le coup d'envoi de la réforme du système de santé et de l'abrogation de la réforme de Barack Obama. mis en service en 2010, "Obamacare" a permis à plus de 20 millions d'Américains de souscrire une couverture-maladie. Lundi, soit bientôt deux mois après la signature très médiatisée d'un premier décret de Donald Trump, un texte élaboré avec la Maison-Blanche a été dévoilé à la presse.

Le Parti républicain a toutefois décidé de conserver deux des mesures les plus populaires de l'Obamacare, à savoir la possibilité pour les enfants de rester sur l'assurance de leurs parents jusqu'à l'âge de 26 ans et l'interdiction faite aux assureurs de refuser de couvrir une personne en raison de ses antécédents médicaux. Et sans surprise, il supprime l'obligation universelle de s'assurer, qui était la clé de voûte de l'Obamacare, et va dans le sens d'un désengagement de l'Etat fédéral. Entrée en vigueur le 1er janvier 2014, la réforme prévoit que tous les Américains doivent disposer d'une assurance maladie, organisant un accès universel aux soins de santé.

Avec ce projet de loi, le président américain Donald Trump, dont l'une des principales promesses de campagne était "d'abroger et de remplacer" l'Obamacare, a obtenu le soutien du Congrès américain, où les républicains sont majoritaires.

L'aile conservatrice du parti républicain devrait s'offusquer d'un volet: la création d'un crédit d'impôt, entre 2.000 et 14.000 dollars par an, afin d'aider les Américains à payer leurs primes d'assurance.

Mais une partie des républicains s'inquiètent d'un chambardement trop brutal, et ont tracé une ligne rouge: pas question, ont notamment déclaré quatre sénateurs républicains, que les Américains ayant pu s'assurer grâce à Obamacare finissent par perdre leur assurance. Et des crédits fédéraux seront plafonnés. L'Etat fédéral assume aujourd'hui une portion importante des coûts du programme, le reste étant à la charge des Etats. Au Sénat, ils n'ont que 52 sièges sur 100.

"Ils n'ont pas les voix", a même assuré vendredi Nancy Pelosi, chef de file des démocrates de la Chambre.

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