Enseignant juif agressé. 7 ans de prison pour l'adolescent radicalisé

03 Mars, 2017, 00:40 | Auteur: Lynn Cook
  • Le maire de Marseille Jean Claude Gaudin. Ici dans une synagogue pendant la visite de Bernard Cazeneuve après la tentative de meurtre d'un professeur par un lycéen radicalisé en 2016

En garde à vue, Yusuf a déclaré qu'il avait agi au nom de l'Etat Islamique, auquel il disait avoir prêté allégeance.

Un adolescent radicalisé qui avait attaqué à la machette un enseignant juif début 2016 en France a été condamné jeudi à sept ans de prison et cinq ans de suivi socio-judiciaire, a-t-on appris auprès de l'avocat de la victime, Me Fabrice Labi.

Comme le précisent nos confrères de BFM TV, ce procès qui se déroulera à huis clos sera le premier tenu par un tribunal pour enfants pour une affaire qualifiée de terroriste. C'est aussi la première fois qu'un tribunal pour enfants juge en matière criminelle terroriste, selon l'avocat de la victime. Professeur dans une école juive, il portait la kippa et a pu se défendre grâce à un livre religieux qu'il portait à la main.

Cette agression, qui s'est produite quelques mois après deux autres attaques antisémites dans Marseille, a ravivé les inquiétudes des juifs de France.

Mineur au moment des faits, l'agresseur soupçonné d'être radicalisé avait été arrêté à une station de métro quelques minutes après l'attaque. Son appel a été immédiatement critiqué par le grand rabbin de France. Il "ne présente pas d'animosité" à l'égard de son agresseur mais veut "comprendre pourquoi il a fait ça". Il cachait sur lui un couteau qu'il comptait utiliser pour tuer des policiers alors qu'il avait abandonné son sac de classe et la machette utilisée pour l'agression.

Le président François Hollande a, lui, jugé "insupportable " que des citoyens français estiment nécessaire de "se cacher ". Le lycéen, délégué de classe, avait de bons résultats scolaires. Âgé de moins de 16 ans, à une semaine près, lors des faits, il bénéficie automatiquement de l'excuse de minorité et la peine maximale encourue- la perpétuité dans le cas d'un adulte- est réduite à 20 ans de prison. Il avait acheté la machette quelques jours avant de passer à l'acte, dans un magasin de bricolage.

Il administrait un compte Twitter relayant des appels au jihad, avait dans son téléphone des photos de jihadistes et d'armes, mais n'était pas dans le radar des services de renseignements.

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