Enquête sur la campagne présidentielle: Sessions se récuse

03 Mars, 2017, 00:01 | Auteur: Lynn Cook
  • Kevin Lamarque  Reuters                       Le ministre de la Justice américaine aurait eu des relations avec la Russie selon le Washington Post

Michael Flynn, qui a conseillé M. Trump pendant la campagne sur les questions de sécurité nationale, a été payé par la Russie pour assister à un gala en 2015 à Moscou, où il était assis à côté de Vladimir Poutine. Il avait en effet entretenu des discussions avec l'ambassadeur russe à Washington, et en avait caché la teneur exacte, y compris dans ses comptes-rendus au vice-président Mike Pence.

"Je n'ai jamais rencontré un Russe pour discuter d'une campagne politique", se défend-il.

Ces révélations on provoqué un déluge de critiques chez les démocrates, dont certains ont appelé à sa démission. "Elles sont fausses", a-t-il insisté. "Jeff Sessions a rencontré l'ambassadeur en sa qualité officielle (de sénateur, NDLR)", affirme un responsable de la Maison-Blanche.

La Maison Blanche a confirmé les rencontres de M. Sessions mais affirmé qu'il n'avait rien fait de répréhensible. Les chefs démocrates au Congrès américain, Chuck Schumer et Nancy Pelosi, ont réclamé jeudi la démission du ministre de la Justice.

Ces révélations ont relancé la pression des élus démocrates en faveur de la nomination d'un enquêteur spécial indépendant pour faire la lumière sur les liens éventuels entre la Russie et des membres ou représentants de l'équipe de campagne de Donald Trump.

Jeff Sessions avait nié sous serment devant le Sénat avoir eu des contacts avec la Russie. "Après avoir menti sous serment au Congrès au sujet de ses contacts avec les Russes, le ministre de la Justice doit démissionner", dit-elle dans un communiqué.

Deux mois plus tôt, ils ont eu un entretien informel en marge d'une conférence du think tank Heritage Foundation, où se trouvaient une cinquantaine d'ambassadeurs, a confirmé à la presse Sara Isgur Flores, la porte-parole de M. Sessions.

L'"Attorney General" supervise le FBI (police fédérale), les 93 procureurs fédéraux, ainsi que le Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs, l'administration pénitentiaire, le Marshals Service, spécialisé dans la recherche des fugitifs, et l'agence de lutte antidrogue (DEA).

The New York Times révèle par ailleurs que des responsables de l'administration Obama se sont efforcés, avant le départ du président en janvier, de disséminer autant que possible les informations sur une tentative russe d'influencer l'élection présidentielle américaine.

Ces contacts auraient eu lieu au moment où la Russie interférait, selon le renseignement américain, dans la campagne présidentielle, dans le but de discréditer la démocrate Hillary Clinton.

Les enquêteurs pourraient aussi chercher à déterminer les liens financiers présumés de Donald Trump avec la Russie ou à confirmer d'autres allégations non vérifiées contenues dans un dossier rédigé par un ancien espion britannique.