"Peine légère" dénoncée contre le soldat ayant achevé un Palestinien

22 Février, 2017, 01:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Le soldat franco-israélien Elor Azaria le 31 janvier 2017 au tribunal militaire de Tel-AvivJACK GUEZ

En Israël, le cas du sergent jugé depuis mai, a profondément divisé le pays, entre ceux qui plaidaient pour le respect par l'armée de valeurs éthiques, et ceux qui invoquaient le soutien dû aux soldats constamment confrontés aux attentats palestiniens. "C'était un être humain, tout comme" Elor Azaria, a dit le père du terroriste, avant d'ajouter que si un Palestinien avait tué un animal, il aurait été emprisonné plus longtemps. Finalement, la présidente de la cour a jugé que le soldat avait tiré dans le but de tuer alors que la victime ne représentait pas une menace. Il faut préciser que le militaire risquait 20 ans de prison initialement. Il avait demandé qu'Elor Azaria soit démis de son grade et que les mois passés assigné à sa base depuis son arrestation ne soient pas déduits de la peine. Le jeune homme, qui n'en était qu'à quelques mois de service, avait en effet plaidé la légitime défense affirmant avoir agi par crainte de voir l'assaillant déclencher une ceinture d'explosifs.

Les Territoires palestiniens, Jérusalem et Israël étaient alors en proie à une vague de violences quasi-quotidiennes.

Ce contexte de tensions après des années de conflit non-résolu et la litanie de morts qu'il a causée ont fortement contribué à diviser l'opinion israélienne devant le spectacle de ce procès ultra-médiatisé.

Le Palestinien venait d'attaquer des soldats au couteau. Alors que d'autres (dont des membres du gouvernement même) demandaient à ce qu'il soit gracié. Plus de deux tiers (70%) des Israéliens sont favorables à une grâce, selon un récent sondage.

L'état-major, lui, a bravé la réprobation de la droite dominante, et poussé au procès. L'affaire a mis à l'épreuve cette institution, réputée comme un facteur d'unité.

Les Palestiniens, quant à eux, ont suivi le procès de loin sans rien en attendre. Le drame s'était déroulé le 24 mars 2016 à Hébron en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis un demi-siècle. La direction palestinienne basée à Ramallah s'est cependant indignée de la durée de la peine.

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