Présidentielle : Marine Le Pen nie avoir salarié fictivement un assistant parlementaire

18 Février, 2017, 00:33 | Auteur: Lynn Cook

Marianne et Mediapart sont parvenus à se procurer le rapport que l'Office de lutte anti-fraude européen (Olaf) a transmis à la justice française en juillet 2016. "Il existe un risque réel de confrontation entre les sympathisants de Marine Le Pen et des opposants", a défendu Me Jean-Philippe Devevey, conseil d'Alain Panseri, "la tension monte, il y a des réactions hostiles de part et d'autre".

L'enquête a également montré que Mme Le Pen l'avait fait employer par le Parlement européen.

Poussée par la publication d'un rapport confidentiel de l'Office européen de lutte contre la fraude (Olaf) dévoilé ce jeudi par Mediapart et Marianne, Marine Le Pen a fini par avouer.

Marine Le Pen aurait donc reconnu avoir employé fictivement son garde du corps au Parlement européen.

Sur les douze assistants embauchés par Marine Le Pen durant ses deux législatures, deux ont attiré l'attention des enquêteurs de l'Olaf: celle de son actuel chef de la sécurité, Thierry Légier et de son assistante de toujours, Catherine Griset. Concernant la deuxième période d'embauche, Marine Le Pen aurait expliqué qu'elle "n'avait pas employé M. Légier pendant ces trois mois", l'objet de cette opération ayant été d'obtenir du Parlement "la régularisation de dépenses antérieures qui n'avaient pas été payées par ce dernier".

Le gendarme antifraude de l'UE avait été saisi en mars 2015 par le président du Parlement européen, Martin Schulz. "L'Olaf considère que madame Le Pen a produit au Parlement européen un contrat de travail apparemment faux", écrivent les membres de la brigade d'enquête, qui ajoutent que "la députée a reconnu que monsieur Légier n'a rien perçu en vertu de ce contrat". "De ce fait, le bulletin de salaire établi pour le mois d'octobre 2011 et versé au dossier du [Parlement européen] pour justifier les remboursements au tiers payant [la personne chargée de verser le salaire aux assistants locaux, ndlr] constituerait un faux".

Ma cliente n'a jamais reconnu avoir salarié fictivement son assistant mais a fait procéder à une régularisation comptable. Dès lors, le juge a estimé que refuser de mettre la salle des fêtes à disposition de Marine Le Pen représente une "atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion".

Mais plus troublant encore, le rapport constate des "anomalies" sur le second contrat (3 mois en 2011) de Thierry Légier, dont le salaire, de 7. Le rapport pointe cette "très faible présence" entre 2010 et 2016, assurant qu'elle n'a pas eu "d'activité réelle d'assistant accrédité sur son lieu d'affectation".

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