L'infante relaxée, son mari condamné à la prison — Espagne

18 Février, 2017, 00:26 | Auteur: Lynn Cook

Son mari n'a pas été aussi chanceux puisqu'il a été condamné à six ans et trois mois de prison. Mais le parquet pourrait éventuellement demander l'incarcération immédiate du mari, âgé de 49 ans.

Le tribunal des Iles Baléares, à Palma de Majorque, annoncera son jugement, encore susceptible d'appel, à 12H00 locales (11H00 GMT), plus d'un an après le début du procès de l'"affaire Noos". Elle a été acquittée de ce chef d'accusation. Si elle a été relaxée, elle doit cependant payer une amende de 265.000 euros du fait de sa "responsabilité civile solidaire" en tant qu'épouse de Inaki Urdangarin, une somme déjà restituée pendant la procédure.

Les juges se sont montrés moins sévères que le parquet qui réclamait 19 ans et six mois d'emprisonnement à l'encontre de M. Urdangarin, époux depuis 1997 de Cristina et père de ses quatre enfants. Il avait demandé qu'une amende de quelque 980'000 euros lui soit infligée. Tout au long du procès, le procureur Pedro Horrach aura clairement pris la défense de Cristina. Il avait présenté les accusations contre elle comme un 'échafaudage de soupçons et de conjectures applaudi par les médias'. Cristina n'avait été jugée que sur plainte d'un collectif de défense des contribuables, Mains propres, considéré d'extrême droite. "La relaxe de la princesse ne m'a pas du tout surprise, je m'y attendais, mais pour son mari ce n'est pas beaucoup", dit une autre passante. Cristina a toujours dit qu'elle ne savait rien des dossiers évoqués au procès et faisait pleinement confiance à son époux.

Le procès des dix-sept prévenus a duré plus de cinq mois, constamment sous l'oeil des médias retransmettant certaines audiences en direct sur internet. Et neuf d'entre elles ont été acquittées.

Parmi les prévenus, un ancien ministre du gouvernement conservateur de José Maria Aznar (PP), Jaume Matas, risque d'être condamné comme ex-président des Baléares. Urdangarin aurait utilisé sa position de gendre du roi Juan Carlos pour obtenir de juteux contrats et surfacturer les prestations de Noos.

L'affaire avait été révélée fin 2011 et avait d'autant plus choqué l'opinion que l'Espagne vivait sa pire crise économique depuis des décennies.

Depuis, le souverain a pris publiquement ses distances avec sa soeur, bannie de tous les actes officiels.

Felipe VI n'a fait vendredi aucun commentaire.

La Maison Royale n'a pas souhaité commenter la décision, se bornant à transmettre son respect pour l'indépendance de la justice.

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