Approuvez-vous le slogan de Paris 2024 "made for sharing" ?

18 Février, 2017, 00:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Bernard Pivot

Ce slogan en anglais a été choisi par Paris pour faire la promotion de sa candidature aux jeux Olympiques de 2024. A commencer par l'Académie Française qui rappelle que c'est le Français, la langue officielle des Jeux. Réunis en un collectif, plusieurs associations comptent attaquer Paris 2024, pour ce choix contraire à la loi, selon eux.

Pour lui, c'est notamment l'article 14 de cette loi qui est violé, puisqu'il stipule que "l'emploi d'une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d'une expression ou d'un terme étrangers est interdit aux personnes morales de droit public dès lors qu'il existe une expression ou un terme français de même sens". Ces associations estiment que ce slogan enfreint la loi Toubon de 1994, relative à l'emploi de la langue française, ainsi que la charte olympique.

Des défenseurs de la langue française dénoncent le slogan en anglais pour soutenir la candidature de Paris 2024 (Illustration). L'avocat du groupe, Me Emmanuel Ludot, a annoncé vendredi à l'Union et à l'AFP avoir adressé une mise en demeure préalable au groupement d'intérêt économique Paris 2024 et un référé en suspension sera déposé lundi au tribunal administratif de Paris. Le défenseur des droits - qui n'est autre que Jacques Toubon, l'ex-ministre de la Culture et de la Francophonie - a également été saisi cette semaine.

Surtout, c'est le choix de l'anglais qui suscite la colère de l'Académie française.

Le dévoilement du slogan du Comité Paris 2024 pour les Jeux olympiques le 3 février 2017 à la tour Eiffel
Le dévoilement du slogan du Comité Paris 2024 pour les Jeux olympiques le 3 février 2017 à la tour Eiffel

"Même si le comité de candidature a prévu une version seconde de ce slogan, en français - "Venez partager" -, l'Académie française exprime à l'unanimité sa réprobation devant la décision du comité d'accorder la priorité à la langue anglaise pour porter la candidature olympique de la ville de Paris", désapprouvait-elle.

Sur les ondes de RTL ce vendredi matin, Bernard Pivot en a rajouté une couche, argumentant de façon plutôt imagée: "C'est une faute contre la langue française qui est une langue olympique, c'est une ânerie car même dans la langue de Shakespeare ce slogan est d'une grande platitude et enfin c'est une erreur car dans leur arrogance les pays anglophones vont trouver normal que les Français s'expriment en anglais alors que les pays francophones vont s'indigner que Paris, capitale de la francophonie, fasse la courbette devant la langue qui n'est pas seulement celle de Shakespeare mais celle de Donald Trump".

Le président de l'Académie Goncourt se présente, lui, plus modéré.

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