L'IGPN saisi après un nouveau témoignage accablant — Affaire Théo

15 Février, 2017, 00:26 | Auteur: Lynn Cook

Voyant le petit projeté au sol après une balayette, à cinq mètres de lui, Mohamed décide d'intervenir. Le médecin se tait.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a saisi, mardi 14 février, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après que de nouvelles accusations de violences visant un des policiers qui a participé au viol présumé de Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) soient apparues. L'agression de son ami a depuis changé la donne. L'homme lui explique être de la police, avant de procéder à l'interpellation de l'adolescent. "Ils me disent "Viens là, toi aussi on va te fouiller".

"Barbe Rousse", le surnom de ce policier bien connu dans ce quartier d'Aulnay-sous-Bois, aurait roué de coups Mohamed K. durant près de 30 minutes, après un contrôle d'identité. "On le connaît dans le quartier, c'est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l'appelle "Barbe Rousse" ", a dénoncé ce jeune livreur.

"Vous parlez de la situation qui a été générée par l'accident, le tragique accident dont a été victime le jeune Théo".

Il avance que les trois fonctionnaires lui ont fait "des croche-pattes" pour le "mettre à terre". Les coups pleuvent et les insultes fusent. "Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu'ils m'ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de 'sale Noir', de 'salope', ils me crachent dessus", raconte Mohamed K. Un des policiers le menace, assure-t-il, "à bout portant avec son Taser". A sa sortie, un fonctionnaire l'informe que les trois policiers ont porté plainte contre lui parce qu'il s'est débattu lors de son arrestation. Lorsque les policiers l'ont sorti du hall pour le conduire au commissariat, ils ont tenu les habitants, choqués, à distance en les braquant avec leur flash-ball. On lui a expliqué qu'il était en garde à vue pour "outrage et rébellion".

Après 24 heures garde à vue, Mohamed K. a été admis au service médico-judiciaire de l'hôpital Jean-Verdier à Bondy, avec cinq jours d'ITT (Interruption temporaire de travail). Décrit comme, bon "professionnel", par le syndicat Unité SGP Police-FO, l'agent est pourtant accusé d'avoir, avec deux de ses collègues, passé à tabac Mohamed K. Tout aurait commencé après que celui-ci fut intervenu au cours d'une interpellation. Son dossier sera suivi par le même avocat que Théo, Me Dupond-Moretti.

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