Au Venezuela, le vice-président visé par des sanctions américaines

15 Février, 2017, 00:45 | Auteur: Lynn Cook
  • Le vice-président vénézuélien Tareck El Aissami à Caracas le 31 janvier 2017

"Sans aucun doute c'est une agression à laquelle le Venezuela répondra pas à pas avec équilibre et fermeté", a déclaré Nicolas Maduro, annonçant avoir demandé au ministère des Affaires étrangères de remettre une lettre de protestation et d'exiger des Etats-Unis qu'ils "présentent des excuses publiques à notre vice-président".

Le Venezuela a rejeté mardi les sanctions américaines contre son vice-président Tareck El Aissami, les décrivant comme une tentative de Washington d'outrepasser ses attributions légales.

"Personnellement, je considère cette attaque vile et misérable comme une manière de reconnaître mon statut de révolutionnaire anti-impérialiste", a déclaré M. El Aissami dans un commentaire en ligne.

L'information, publiée lundi sur le site officiel du département du Trésor américain, pourrait tendre encore un peu plus les relations entre le Venezuela et les États-Unis, conflictuelles depuis l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chávez en 1999. Les tensions se sont poursuivies avec l'élection en 2013 de son successeur Nicolas Maduro, tout aussi virulent contre "l'empire". De plus, ses éventuels avoirs qu'ils possédaient aux États-Unis ont été gelés.

Le Trésor américain a précisé que ces sanctions visaient également Samark José Lopez Bello, un Vénézuélien résidant aux Etats-Unis qui aurait agi pour le compte de M. El Aissami.

Ces dernières années, le pays sud-américain s'est écroulé économiquement avec la chute des cours du brut.

D'origine syro-libanaise, cet avocat a été nommé vice-président en janvier après une ascension-éclair, démarrée comme simple leader étudiant.

Auparavant gouverneur de l'État d'Aragua, considéré comme l'un des plus violents du pays, il a aussi été ministre de la Justice quatre ans à partir de 2008, sous la présidence d'Hugo Chavez aujourd'hui décédé.

Selon le Trésor américain, le vice-président de 42 ans, aurait profité de son pouvoir et du contrôle qu'il exerce sur une base aérienne vénézuélienne, ainsi que sur les ports du pays, pour "faciliter la livraison de drogues au Venezuela ".

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