Crise politique: Washington redoute le "chaos" après l'état d'urgence décrété en Gambie

20 Janvier, 2017, 00:02 | Auteur: Ruben Ruiz
  • ACTUALITESAnalyseOpinionsGambie: De Qui Se Moque On ? 17 janvier 20170

Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, conteste les résultats de la présidentielle gambienne du 1er décembre dernier, au lendemain de laquelle il avait pourtant reconnu sa défaite et félicité son adversaire Adama Barrow, le candidat de l'opposition, pour sa victoire, plongeant son pays dans une grave crise post-électorale.

Une idée abandonnée face à l'opposition de M. Jammeh, qui a en outre décrété mardi l'état d'urgence, validé pour 90 jours par l'Assemblée nationale qu'il contrôle.

Les Etats membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) préparent une intervention militaire pour le contraindre à céder sa place à la fin de son mandat, le 19 janvier, comme le veut la Constitution.

La cérémonie d'investiture du président gambien Adama Barrow sera ponctuée par une prestation de serment du nouveau chef d'Etat et un discours qu'il va adresser à ses compatriotes depuis Dakar, jeudi après-midi, a appris l'APS auprès de son entourage.

Craignant des violences, 26.000 Gambiens ont trouvé refuge au Sénégal, ont annoncé mercredi les Nations unies, citant les chiffres de Dakar.

Par ailleurs, M. Barrow, accueilli au Sénégal voisin depuis dimanche jusqu'à la date de son investiture, a appelé ses concitoyens à "continuer à faire preuve de retenue, à respecter la loi et à ne pas répondre à la provocation", dans une déclaration à Dakar lue par son conseiller, Mai Fatty.

Jammeh, "aujourd'hui dans la même situation" que l'opposant Darboe cette année-là, "doit observer la même attitude en laissant le nouveau président prêter serment", a dit M. Seck dans un entretien téléphonique depuis les Etats-Unis.

Les rues de Banjul étaient tranquilles, jeudi.

"Ils sont entrés cet après-midi", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée sénégalaise, le colonel Abdoul Ndiaye, interrogé sur la question de savoir si les militaires sénégalais avaient déjà franchi la frontière. Le même jour, l'armée nigériane a effectué des vols de reconnaissance au-dessus de Banjul et le Conseil de sécurité a apporté son soutien unanime aux initiatives de la Cédéao.

Quelques accrochages éclatent, notamment en Casamance, dans le sud du Sénégal, où des rebelles présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) se battent depuis 1982 pour l'indépendance de la Casamance et sont favorables au régime du président Jammeh. "Ceci est une dispute politique", a-t-il déclaré à des ressortissants étrangers, selon des témoins.

Recommande: