A Davos, Xi Jinping défend une mondialisation à "rééquilibrer"

18 Janvier, 2017, 01:27 | Auteur: Lynn Cook

Xi Jinping a posé le cadre - "personne n'émergera en vainqueur d'une guerre commerciale" - et les participants du Forum ont saisi l'ironie du moment.

"Que cela vous plaise ou non, l'économie mondiale est le grand océan auquel on ne peut échapper (.) Toute tentative de stopper les échanges de capitaux, technologies et produits (.) est impossible et à rebours de l'histoire", a-t-il insisté.

Selon le président chinois, même si l'économie mondiale manifeste des signes de faiblesse dans le contexte des "vents contraires " auxquels elle doit faire face, la Chine contribuera au rétablissement de l'économie.

S'appuyant sur de nouvelles formes d'unilatéralisme et sur une obsession pour le "hard power", la puissance coercitive, Donald Trump veut "redonner sa grandeur à l'Amérique" -"make America great again"-, mais en choisissant l'internationalisme, le multilatéralisme et l'équilibre multipolaire, Xi Jinping est non seulement pleinement en phase avec notre temps mais il donne également de la Chine une image nouvelle et un statut de référence dans les domaines du développement partagé et de la gouvernance mondiale.

Autre avertissement à M. Trump: l'accord de Paris sur le climat est "une victoire remportée avec difficulté", et tous les signataires "doivent s'y tenir".

Un membre de l'équipe de transition du Président élu, Anthony Scaramucci, prendra la parole deux heures après le président Xi. La toute-puissance de ses capacités d'investissement n'enlevant rien au fait que le monde entier va continuer à réaliser des projets sur son sol.

Devant quelque 3000 dirigeants économiques et politiques de la planète, M. Xi a mis de l'avant le rôle accru que son pays, le plus populeux de la planète, souhaite jouer dans la mondialisation, en mettant en garde contre toute tentation de repli.

Pour les Chinois, Davos est un rendez-vous incontournable où se discutent les affaires, c'est-à-dire le business et les relations politiques.

Alors cette édition revêt une saveur particulière compte tenu de l'hostilité croissante d'un part importante des populations occidentales envers la mondialisation, notamment d'une classe moyenne en voie de déclassement.

Anciennement connu sous le nom de "Forum de management européen", le FEM a été créé par Klaus Schwab en 1971, et a commencé à se pencher sur les questions d'ordre mondial en 1987.

Le WEF - pour qui l'exclusion sociale et les inégalités sont les principaux dangers pour 2017 - a d'ailleurs publié lundi une étude montrant que le revenu annuel médian a reculé dans les pays avancés sur cinq ans.

"Comme chaque année, avec la complicité des grands médias, ces élites vont chercher à donner une image positive de leur +leadership+ sur la mondialisation".

Maintenant que les positions sont claires, il faut que les diplomates "travaillent très fort, sur une période très courte, pour trouver une solution bonne pour l'Europe et le Royaume-Uni", selon Pol Polman, patron d'Unilever.

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