Les cartes du futur Etat réunifié sur la table des négociations — Chypre

12 Janvier, 2017, 00:57 | Auteur: Lynn Cook
  • Chypriotes grecs et turcs rassemblés

Mercredi, dernier jour des discussions, les deux dirigeants chypriotes doivent aborder une autre question très délicate: les contours du futur État, avec la présentation de cartes fixant le territoire de chaque communauté.

Mustafa Akinci, dirigeant chypriote turc et Nicos Anastasiades, le président chypriote grec sont arrivés, souriants, aux alentours de 9 heures devant le Palais des Nations, siège de l'ONU à Genève.

Il a salué le leadership et l'engagement du président chypriote Nicos Anastasiades et de celui de la République turque de Chypre Nord (RTCN) Mustafa Akinci.

"Nous sommes actuellement au moment final, à un moment de vérité", a déclaré lundi le médiateur de l'ONU, le diplomate norvégien Espen Barth Eide. Selon les médias chypriotes, la partie grecque serait disposée à leur accorder 28,2% du futur Etat, tandis que la partie turque en réclamerait 29,2%.

M. Eide a indiqué que les positions des deux délégations rivales sur le tracé des futures composantes de l'Etat fédéral n'étaient éloignées que "d'un pour cent".

Ces cartes seront ensuite authentifiées puis placées dans une chambre forte à l'ONU. Ce décalage de 1% n'est pas considérable, mais il faut aussi que le positionnement de la frontière soit accepté, a encore affirmé M. Eide. Les discussions vont probablement se poursuivre jusqu'à tard dans la nuit, comme mardi soir.

Une conférence internationale "historique" est prévue jeudi à Genève entre les parties et les Etats garants de l'ordre constitutionnel de l'île: la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne. Si les représentants des deux camps se montrent plutôt optimistes, des divergences de fond persistent. Une telle réunion sur la sécurité et les garanties entre tous ces acteurs aura lieu "pour la première fois", a également dit M. Eide.

Cette réunion "historique", destinée à soutenir le processus de paix, sera présidée par le nouveau Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en présence des chefs de la diplomatie britannique Boris Johnson, grecque Nikos Kotzias, turque Mevlut Cavusoglu et européenne Federica Mogherini. Il a estimé qu'un accord sera "difficile", "mais c'est possible".

Tout compromis serait soumis au vote des citoyens dans chacune des deux parties. "Nous n'avons pas besoin de repartir de Genève avec une date de référendum", a-t-il cependant déclaré, en réponse à une question.

Parmi les questions à résoudre, celles des propriétés spoliées reste importante. La partition a provoqué le déplacement d'environ 162'000 Chypriotes grecs et de 48'000 Chypriotes turcs, selon l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo.

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