Toshiba poursuit sa dégringolade en bourse de Tokyo

30 Décembre, 2016, 01:35 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le logo Toshiba à Tokyo en 2015

Confirmant des informations de presse, Toshiba avait annoncé mardi craindre de devoir enregistrer une dépréciation d'actifs de "plusieurs milliards de dollars" sur son activité nucléaire américaine et a vu mercredi ses notes dégradées par les grandes agences de notation Standard & Poor's et Moody's. Le conglomérat industriel japonais est en train de payer cash une bourde énorme commise par sa filiale américaine Westinghouse. Le groupe est d'autant plus mal qu'il a perdu en partie la confiance des marchés l'an passé en raison de malversations financières.

Il y a un an, Toshiba avait racheté B&I Stone & Webster, un spécialiste de l'énergie nucléaire, au groupe américain Chicago Bridge & Iron (CBI).

Mais la réévaluation des coûts auxquels est exposée cette firme qui agit dans le domaine de la construction des sites nucléaires ainsi que de la décontamination et du démantèlement, a fait déchanter Toshiba.

Toshiba dit ne pas avoir encore déterminé quel serait l'impact final sur ses comptes, mais a promis de rendre publique la révision de ses prévisions de résultats dès que les conclusions seront connues.

Jusqu'à présent, le groupe, qui fabrique aussi bien des semi-conducteurs que des ordinateurs, ascenseurs, robots ou réacteurs nucléaires, table pour l'année comptable en cours (avril 2016 à mars 2017) sur un bénéfice net de 145 milliards de yens (1,2 milliard d'euros) et un profit opérationnel à 180 milliards de yens, le tout pour un chiffre d'affaires de 5 400 milliards de yens (-4,7% sur un an).

Du coup, la probabilité est haute pour Westinghouse et Toshiba de devoir prendre en compte une charge exceptionnelle phénoménale toujours en cours d'examen.

"Nous avions jugé à l'époque que les avantages du rachat étaient supérieurs aux risques", a expliqué le PDG de Toshiba, Satoshi Tsunakawa, mardi soir, lors d'une conférence de presse.

"Cette réévaluation a été trop tardive", a déploré le patron.

"Nous pensons que ses capitaux propres subiront une érosion considérable, augmentant ainsi la probabilité que son activité et sa situation financière subissent de nouvelles tensions", a justifié S&P dans un communiqué.

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