4000 manifestants pour réclamer la libération des "artisans de la paix" — Bayonne

18 Décembre, 2016, 00:30 | Auteur: Sandy Vega

Mais, joint au téléphone par Le Monde dans la nuit, l'avocat a expliqué qu'il n'était pas présent sur les lieux lors de l'intervention. "Je devais y être mais n'ai pas pu m'y rendre", a-t-il dit.

Parmi les cinq interpellés figurent le dirigeant du mouvement écologiste Bizi!, Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d'agriculture du Pays Basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l'appellation basque Irouléguy, et deux journalistes indépendants, Béatrice Haran-Molle, ainsi que Stéphane Etchegaray, indique-t-on de sources proches du dossier.

Cette opération franco-espagnole, présentée comme "un coup" porté à l'ETA, a viré à l'imbroglio après l'interpellation de militants de la société civile.

Les interpellations se sont déroulées dans une maison isolée de la bourgade de Louhossoa, sur la route de Bayonne, à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Dans son communiqué, celui-ci se félicite aussi de l'"importante saisie d'armes, d'explosifs et de munitions " qu'elle a permis.

L'ETA "souhaite désarmer" mais, "à toutes les démarches en direction des gouvernements espagnol et français, il a été opposé une fin de non recevoir", déclare Michel Tubiana. Il ajoute que plusieurs tentatives ont été faites pour demander aux autorités françaises de déterminer les conditions matérielles dans lesquelles la totalité de l'arsenal du groupe pouvait être "neutralisée et remise ".

Dans la nuit de vendredi à samedi, une opération de police (DGSI, BRI, RAID et Gardia Civile) a eu lieu à Louhossoa.

L'interprétation fournie dans les milieux nationalistes basques est complétement différente: ainsi, le site en ligne Mediabask, proche du quotidien basque espagnol Gara qui exprime parfois les positions d'ETA, publie une lettre que lui ont adressé Michel Tubiana, Txetx et Michel Berhocoirigoin, affirmant qu'ils avaient décidé "d'enclencher le processus de désarmement de l'organisation armée et procéder à la destruction d'un premier stock d'armes".

Selon les documents transmis à notre confrère Mediabask, la liste de ce matériel "correspond à environ 15% de l'arsenal mis sous scellé de l'ETA". Tous trois justifiaient leur action par leur volonté de "contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque" pour lequel le désarmement serait "une condition incontournable". Ils précisent n'avoir "aucun lien ni subordination " avec ETA.

Plus tôt dans l'après-midi, ces élus du Pays basque, de toutes sensibilités politiques, ont présenté une déclaration commune en conférence de presse.

Plusieurs mouvements nationalistes considèrent que "les polices française et espagnole ont empêché la destruction des armes" et appellent à une manifestation samedi à 16H00 à Bayonne.

Le 12 octobre, une importante cache d'armes d'ETA avait été découverte en forêt de Compiègne (Oise). Mercredi un autre membre d'ETA a été arrêté à Marseille. Là encore, il s'agissait d'opérations conjointes des polices française et espagnole.

ETA a commis des attentats qui ont causé la mort de 829 personnes, selon les autorités espagnoles et françaises. Il dénonce son "enlisement " depuis cinq ans qu'ETA a renoncé à la lutte armée: "Il faut sortir de cette situation absurde, où l'organisation armée veut remettre les armes à un État qui refuse que cela soit possible", dénoncent les auteurs du courrier.

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