Grève des VTC : les chauffeurs ont-il raison de protester contre Uber ?

16 Décembre, 2016, 00:26 | Auteur: Aubrey Nash
  • Des VTC manifestent contre la loi Grandguillaume qui régule leur profesison le 2 novembre 2016 à Paris

Ils discutaient dans le calme, sous le regard de la police, obstruant petit à petit la circulation.

Sur les banderoles déployées à la porte Maillot, dans l'ouest parisien, les messages sont clairs: "Uber a saigné les chauffeurs", "Uber = esclavage moderne" ou encore "non aux déconnexions arbitraires".

D'autres actions étaient prévues aux abords des aéroports d'Orly et Roissy, essentiellement "pour informer les clients", selon Jean-Luc Albert d'Actif VTC, interrogé par l'AFP, ainsi qu'à Nice et Toulouse. "La firme met également en avant que les organisateurs " s'opposent de longue date à l'existence même des plateformes VTC " et que les manifestants " ne représentent qu'une minorité des chauffeurs ", allant jusqu'à faire remarquer que certains disposent de casiers judiciaires et font l'objet de plaintes.

Ils dénoncent " l'humiliation " que leur feraient subir les plateformes de réservation, en pratiquant notamment une politique tarifaire jugée défavorable aux chauffeurs indépendants et décidée sans concertation.

Sur le pare-brise des berlines garées porte Maillot, un tract syndical dénonçant la "servitude du numérique" et le "chantage au chômage", appelait tous les "UberUsés" à débattre "dans un colloque à ciel ouvert".

"On avait un métier en or, ils l'ont transformé en un job archi-précaire", a tonné de son côté Sayah Baaroun, secrétaire général de l'Unsa-VTC.

Le 8 décembre dernier, "vous avez soit disant augmenté vos prix, en centimes d'euros, pour tenter de faire passer en douceur une augmentation de 25% de votre commission", note l'association CAPA-VTC dans un courrier adressé à la direction cette semaine.

Jean-Luc Albert, du syndicat autonome Actif VTC, a affirmé qu'un chauffeur de VTC gagnerait "3,75 euros de l'heure" une fois les frais de location, essence et charges déduits.

La colère des chauffeurs VTC contre les plateformes de réservation de voitures comme Uber n'est pas redescendue.

Et cette annonce, soulignent ces associations, n'efface pas la baisse unilatérale de 20 % du tarif décrétée par Uber en octobre 2015.

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