Pour la justice, "Sausage Party" ne vise pas à corrompre les mineurs

15 Décembre, 2016, 01:06 | Auteur: Sue Barrett
  • Sausage Party reste interdit au moins de 12 ans

Sans doute mis en confiance par le climat politique français, les deux groupuscules avaient donc saisi le tribunal administratif en référé (procédure d'urgence) pour faire lever par le dit tribunal le visa d'exploitation de Sausage Party, oubliant sans doute que le film était déjà interdit aux enfants et qu'il ne contenait aucune image de nature pornographique.

Objet des clameurs horrifiés de tout ce que l'Hexagone compte d'extrémistes sociéto-religieux: l'interdiction aux moins de douze ans du métrage, jugée non-seulement comme laxiste, mais décrite par plusieurs représentants des associations concernées " délibérément trompeuse ". L'association proche des catholiques traditionalistes Promouvoir, qui s'était déjà attaquée à La Vie d'Adèle, Antichrist ou encore Baise-moi, et Action pour la dignité humaine souhaitaient donc une reclassification du film en "interdit aux moins de 16 ans".

Pour le juge, ce n'est pas parce que ce film n'est pas interdit aux jeunes adolescents, que "la protection de l'enfance et de la jeunesse" est négligée.

Pour le juge, "l'interdiction de la diffusion aux moins de douze ans, le titre, l'affiche et la bande-annonce du film mettent suffisamment en relief son caractère "subversif" et l'omniprésence des connotations sexuelles", est-il indiqué dans l'ordonnance. Et les associations de citer des extraits du film pour s'en indigner: "La poire vaginale cherche à tout prix un cul, car, nous dit-on, elle est faite pour ça", "Qu'est-ce que ça doit être bon de glisser la saucisse dans le pain!".

André Bonnet, avocat de l'association Promouvoir, estimait q'une "bande anonce totalement trompeuse" visait "volontairement à toucher le jeune public". "Que peut-on reprocher à des légumes?" ironise-t-il.

"Objet des attaques les plus virulentes, une " scène finale de partouze " qui montre " une orgie sidérante entre scènes de fellation, de sodomisation", où l'on voit un paquet de corn-flakes " assénant des mouvements de va-et-vient brutaux et demandant tu aimes ça salope?

La défense, assurée par Me Molinié, évoque "la volonté de censure" de ses contradicteurs "à l'égard d'un film qui est un peu libertaire": "L'un des buts du film est de critiquer sur un mode humoristique la société de consommation, la religion aussi en prend pour son grade, mais il ne s'agit pas d'inciter à la violence". "Oui, le langage est cru, mais regardez les protagonistes", "il n'y a pas de représentation de sexe, juste une activité sexuelle" - ce qui légalement différencie le film d'un film X -, le ton est celui "du grotesque, déjanté et permet de prendre de la distance, tout ce qui est montré n'est pas réaliste".

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