Les armées françaises intègrent le combat numérique à leur arsenal

14 Décembre, 2016, 08:19 | Auteur: Sandy Vega

"En temps de guerre, l'arme cyber pourra être la réponse, ou une partie de la réponse, à une agression armée, qu'elle soit de nature cyber ou non", a énoncé M. Le Drian.

Un vrai commandement interarmées de la lutte informatique, rattaché directement au chef d'état-major: placé sur les rails depuis plusieurs années, le " cyber-commandement " français sera totalement mis en place dans sa nouvelle forme en janvier 2017, a annoncé lundi 12 décembre le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian.

Concrètement, la France pourra recourir au combat numérique comme à une arme classique pour riposter à une attaque aussi bien cyber que conventionnelle.

"Nos capacités cyber offensives doivent nous permettre de nous introduire dans les systèmes ou les réseaux de nos ennemis, afin d'y causer des dommages, des interruptions de service ou des neutralisations temporaires ou définitives", a relevé le ministre. Il disposera d'un état-major resserré qui supervisera 2 600 "combattants numériques" et les "600 experts de la DGA", qui seront renforcés par "4400 réservistes de cyberdéfense, soit 4000 réservistes citoyens de cyberdéfense, et 400 réservistes opérationnels".

Sa doctrine d'emploi doit encore être précisée afin de définir "quels seuils d'attaque justifient quels types de réponse", a-t-on ajouté de même source.

Comme souvent, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian est venu sur ses terres avec les bras chargés de projets d'investissement.

Début 2014, le ministère avait indiqué qu'une enveloppe de 1 milliard d'euros serait consacrée à la nouvelle arme cyber dans les cinq ans, dont 500 millions d'investissements industriels et technologiques, soit un triplement de l'effort pour ce domaine qualifié de " priorité nationale ". Un peu plus tôt, Jean-Yves Le Drian s'était rendu à Rennes pour inaugurer les locaux du Pôle d'Excellence Cyber, pépinière regroupant partenaires industriels et organismes institutionnels (collectivités locales, universités, organismes de formation...).

Dans un monde de plus en plus interconnecté, les cyberattaques venant d'États, de hackers, de groupes terroristes ou de criminels se multiplient.

Si l'attaque transite par un État qui "n'aurait pas empêché une telle utilisation", "la responsabilité de cet État pourrait être mise en jeu", a averti le ministre.

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