Manifestation à Istanbul contre le soutien de la Russie au régime syrien

10 Décembre, 2016, 02:05 | Auteur: Lynn Cook

La Russie, alliée clé du régime de Bachar al-Assad, a annoncé jeudi un arrêt des raids aériens et des tirs d'artillerie de l'armée syrienne sur les quartiers rebelles d'Alep, une mesure censée assurer l'évacuation de milliers de civils pris au piège des violences. L'Observatoire syrien des droits humains estime que l'offensive leur a permis de reprendre 60 % du secteur est.

Dans la deuxième ville de Syrie, les combats se sont intensifiés lundi, l'armée avançant dans le quartier stratégique de Chaar dont la prise lui permettrait de prendre le contrôle de 70% des quartiers aux mains des rebelles (est) depuis 2012.

Ce projet de cessez-le-feu devrait être discuté par les chefs de la diplomatie américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, dont le pays soutient militairement le régime syrien, vers 19h00 GMT à Hambourg (Allemagne).

Le dernier secteur reconquis par l'armée, Tariq al-Bab, a été pris dans la nuit de vendredi à samedi à l'issue de violents combats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'intensité des combats a accéléré l'exode de la population et 80.000 personnes ont fui Alep-Est depuis le 15 novembre, selon l'OSDH.

Mardi matin, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, partenaire depuis des années de M. Kerry sur la crise syrienne, avait accusé Washington d'avoir annulé ces discussions sur Alep prévues cette semaine à Genève et de refuser un dialogue " sérieux ", en particulier concernant le sort des rebelles syriens, afin de leur permettre de " gagner du temps ".

Le régime et son allié russe cherchent à accroître la pression sur les rebelles, actuellement en mauvaise posture, surtout dans la cité d'Alep, ancien poumon économique de la Syrie aujourd'hui presque en ruines. L'offensive de reconquête lancée le 15 novembre par Damas avec le soutien de la Russie est vivement dénoncée par l'ONU et les pays occidentaux, mais ces derniers restent impuissants à y mettre fin.

"Les révolutionnaires ne quitteront pas Alep-Est (partie rebelle), ils combattront l'occupation russe et iranienne jusqu'à la dernière goutte de sang ", a affirmé à l'AFP Abou Abdel al-Rahmane al-Hamoui, un responsable du groupe Jaich al-Islam, en référence aux alliés du régime.

La perte d'Alep constituerait pour les insurgés leur pire défaite depuis le début de la guerre: ils ne contrôleraient alors plus que la province d'Idleb, voisine de celle d'Alep, et quelques poches près de Damas et dans le sud du pays.

Les forces gouvernementales disent notamment s'être emparées d'un hôpital ophtalmologique qui pourrait leur ouvrir la voie de la vieille ville, ce qui contraindrait les rebelles à se replier à l'extrême sud de leur enclave. D'un point de vue humanitaire, la situation empire, du côté d'Alep-Est, zone contrôlée par les rebelles et cible de l'armée du régime syrien. Mais le chiffre ne comprend pas ceux qui se sont rendus dans d'autres quartiers rebelles.

Au moins 319 civils ont été tués, dont 44 enfants, tandis que plus de 50.000 des 250.000 habitants d'Alep-Est ont fui depuis le lancement de l'offensive du régime, selon l'OSDH.

La guerre en Syrie, déclenchée avec la répression de manifestations pacifiques contre le régime, est devenue de plus en plus complexe depuis 2011, avec l'intervention de multiples acteurs, comme les grandes puissances ou les groupes jihadistes, sur un territoire totalement morcelé.

Recommande: