Valls pourrait se déclarer (et démissionner) d'ici mardi — Présidentielle

06 Décembre, 2016, 05:53 | Auteur: Aubrey Nash

PARIS- Le président français François Hollande a annoncé jeudi soir qu'il ne se présentera pas comme candidat à la présidentielle de 2017, au moment où la gauche, sa formation politique, a ouvert la course de la primaire. Imperturbable et souriant, il a enchaîné les selfies et salué une France "généreuse, solidaire et fraternelle" à l'occasion du Téléthon. Consigne a été passée dans la "Vallsie", en mode discret depuis le déjeuner Hollande-Valls du 28 novembre, de ne pas fanfaronner.

Selon le JDD, François Hollande et Manuel Valls devraient se rencontrer ce dimanche pour évoquer les modalités de départ du Premier ministre.

Le président de la République "va s'engager vraisemblablement dans un remaniement, faisons en sorte que la France ne désarme pas pendant cette période, qu'elle reste mobilisée, unie", a averti l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac Dominique de Villepin, espérant que François Hollande "restera au-dessus de la mêlée" d'ici la fin du quinquennat.

Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui a promis lundi d'être "impartial", lui a conseillé "d'être sur une position nouvelle de rassemblement".

Le retrait de François Hollande laisse le champ libre aux candidats d'un PS divisé, qui a commencé à accepter les candidatures pour les primaires de la gauche jeudi, les 22 et 29 janvier prochains.

"J'ai mis un pied dans la porte, et il faut maintenant s'y engouffrer", a-t-il lancé un peu plus tard dans un second discours devant les élus locaux. en parlant de décentralisation. "Mais à quoi bon être l'homme fort d'une gauche faible?", se demande l'éditorialiste qui affirme que malgré le "+putsch institutionnel+ auquel s'est livré le Premier ministre (.) la gauche sera absente du second tour de l'élection présidentielle".

Les armes auxquelles pourrait recourir un camp du "Tout sauf Valls" ne manquent pas: une candidature à la primaire de Christiane Taubira, voire de Najat Vallaud-Belkacem ou Ségolène Royal. Ainsi l'avocat Jean-Pierre Mignard, qui figure dans le premier cercle des "Hollandais", a-t-il annoncé au sujet de l'ancien ministre de l'Economie: "Si je peux l'aider, je l'aiderai". Face à une droite en ordre de bataille, avec une extrême droite rangée derrière sa chef Marine Le Pen remontée à bloc par le Brexit et la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, l'enjeu pour la gauche est désormais de surmonter ses divisions, définir une ligne politique claire et présenter un front uni à la présidentielle. Le futur Premier ministre battra, avec un bail de cinq mois, le record du plus bref passage à Matignon, détenu par Édith Cresson avec dix mois entre 1991 et 1992. "Il va commencer à faire froid pour lui", grince un proche du président à l'Elysée.

"Le Premier ministre a achevé politiquement le président de la République par sa pression, avec le psychodrame de la semaine dernière. Sous ses airs de loyauté, il a savonné la planche au président", accusait pour sa part vendredi le député socialiste Yann Galut, l'un des soutiens d'Arnaud Montebourg pour la primaire.

L'enjeu pour Manuel Valls est sans doute de s'assurer du "marais" des parlementaires légitimistes.

"Ce qui change (avec ce renoncement), c'est qu'on n'est plus dans la clôture du bilan, on est déjà dans la réflexion sur +quelle gauche pour l'avenir+", a analysé auprès de l'AFP la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, possible candidate à la primaire. "Plusieurs ont envie d'aller chez Macron mais ne voient pas le chemin", selon lui.

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