Norbert Hofer reconnaît sa défaite — Autriche

06 Décembre, 2016, 06:30 | Auteur: Lynn Cook
  • Norbert Hofer candidat du FPÖ à la présidentielle autrichienne le 27 novembre 2016 à Vienne

Alexander Van der Bellen, candidat indépendant et ex-dirigeant écologiste, a remporté l'élection présidentielle autrichienne de dimanche, selon des projections.

"Je suis infiniment triste que cela n'ait pas marché", a reconnu Norbert Hofer dans un communiqué. A cette heure, les premières estimations ont crédité Alexander Van der Bellen de 53,6% des voix contre 46,4% pour son adversaire. Mais la Cour constitutionnelle autrichienne avait annulé le résultat, à la suite à de nombreuses négligences lors du dépouillement des votes par correspondance.

Le parti d'extrême droite a admis sa défaite, hier.

"Nous sommes tous très soulagés et très reconnaissants", a déclaré le directeur de campagne de Alexander Van der Bellen, Lothar Lockl.

Pour l'écologiste Cécile Duflot, qui ne sera pas candidate à la présidentielle en France en avril et mai prochain, cette victoire est bien sûr une satisfaction pour le mouvement qu'elle défend.

Les 50 000 votes par procuration doivent toujours être dépouillés, alors que le décompte final ne devrait être terminé que lundi. Inquiétant, d'autant que les pouvoirs du président autrichiens: autorisé à révoquer le chancelier et son gouvernement sans en référer à quiconque, le président fédéral peut également tenter de dissoudre le parlement - avec l'aval du gouvernement - ou encore nommer des fonctionnaires, là encore avec l'aval du gouvernement.

Sa victoire est "un moment historique" pour Alexandra Raute, maman de deux petites filles, avec lesquelles elle est venue fêter le résultat. Le parti d'extrême droite entendait conforter son implantation dans le paysage politique autrichien et transformer ce scrutin en tremplin vers la Chancellerie, le coeur du pouvoir exécutif, dans la perspective de législatives prévues au plus tard en 2018. "Beaucoup de succès, Norbert", avait de son côté tweeté M. Wilders.

"Le Premier ministre Manuel Valls a salué la victoire de l'écologiste, y voyant une preuve que " le populisme n'est pas une fatalité pour l'Europe ".

M. Van der Bellen est un politicien pro-Union européenne et défend des idéaux libéraux de centre-gauche.

Les résultats diffusés peu de temps après la fermeture des bureaux de scrutin confèrent à M. Van der Bellen une avance vraisemblablement insurmontable.

"J'ai été totalement surpris, car après l'élection de Donald Trump et le vote en faveur du Brexit, je n'étais pas très sûr de ce qui allait arriver en Autriche (.) et ma confiance était plutôt faible", reconnaissait Wolfgang Pietrisch, ancien diplomate de 69 ans. Le premier tour du scrutin avait été marqué par un immense désaveu des partis de la grande coalition (SPÖ/ÖVP) au pouvoir depuis 9 ans.

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