Manuel Valls veut raviver la "lumière" dans les yeux des Français — Présidentielle

06 Décembre, 2016, 05:19 | Auteur: Lynn Cook
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Depuis quelques semaines, on assiste à un bouleversement profond de la classe politique, inédit pour un laps de temps si réduit. Le sondage a été réalisé pour l'essentiel avant que François Hollande n'annonce jeudi soir qu'il ne se représentera pas en 2017.

Auparavant, le chef de l'Etat et M. Valls, en poste depuis mars 2014, se sont retrouvés comme chaque lundi à déjeuner au palais présidentiel de l'Elysée. Il a précisé, après force éloge de François Hollande, qu'il lui remettrait sa démission, avec son accord, dès le lendemain, mardi 6 décembre: "Je veux en pleine liberté proposer aux Français un chemin". "Je prendrai ma décision en conscience". Outre Arnaud Montebourg, Louis Alliot, vice-président du Front national, constate "l'arrogance et la suffisance d'une candidature Valls, dont l'action primo-ministérielle aura été une catastrophe pour la France!".

Revenant sur son choix, en 2011, de soutenir François Hollande face à Martine Aubry dans la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg a évoqué "une erreur d'appréciation", ajoutant que "des millions de Français ont commis cette même erreur d'appréciation".

La cote de confiance de François Hollande (+4) et celle de Manuel Valls (+3) sont en nette hausse début décembre, selon un sondage Harris Interactive réalisé avant l'annonce du chef de l'Etat de ne pas se présenter pour un nouveau mandat. Pas de suspense et un communiqué envoyé aux rédactions tôt le matin, lui permettant d'occuper la scène médiatique toute la journée. Le sens de l'Etat me fait considérer que je ne peux plus être Premier ministre tout en étant candidat (...) Je suis candidat parce que la France doit peser de tout son poids dans un monde qui n'a plus rien à voir avec ce qu'il était: "menace terroriste, réchauffement climatique (...) Je veux me battre contre la droite, son candidat, son programme, ses vieilles recettes des années 80, qui nous présente comme une avancée un recul social généralisé", a-t-il déclaré. Une formalité lui reste encore à régler: donner sa démission au président de la République, qui devra procéder à son remplacement immédiat. Les débats sur la loi du travail ou la déchéance de la nationalité ont clivé la gauche, entre les frondeurs, les partisans du retour aux valeurs traditionnelles de la gauche et ceux qui adoptent une ligne plus libérale.

Si Valls remporte les primaires et concourt pour les présidentielles, il pourrait tenter de rallier des centristes ou des électeurs de la droite.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a quant à lui souligné que l'enjeu de la primaire était d'"éviter la fragmentation, la fracturation de la gauche". Hasard ou discours censé toucher le cœur de sa gauche? "Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle". Tous deux ont exclu de participer à la primaire. Son message vise à rassembler. Que Fillon soit le candidat de la droite ultra-libérale ne fait pas de Valls un candidat de gauche, tellement il est fidèle au MEDEF, tout comme son ancien collègue Emmanuel Macron.

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