"Chemise arrachée": verdict pour 15 salariés d'Air France

30 Novembre, 2016, 16:40 | Auteur: Jonathan Ford
  • Les dirigeants d'Air France Pierre et Xavier Broseta avec leur avocat Christian Charriere Bournazel lors du procès de 15 salariés d'Air France le 27 septembre 2016 à Bobigny

Dix autres prévenus poursuivis pour "dégradations" ont tous écopé de simples amendes de 500 euros (534,20 francs) chacun.

La direction d'Air France et les syndicats de navigants ont repris contact mardi pour déterminer le cadre des négociations sociales futures notamment sur le plan stratégique "Trust Together" présenté par M. Janaillac début novembre et qui prévoit notamment la création d'une compagnie aérienne. Dans un mouvement de foule, deux directeurs sont malmenés, ainsi que des vigiles chargés de leur protection. Le 5 octobre 2015, lors d'une manifestation contre un projet de restructuration menaçant plusieurs milliers d'emplois, Xavier Broseta - DRH d'Air France à l'époque - et Pierre Plissonnier - responsable du long-courrier - étaient pris à partie par un groupe de salariés devant le siège de la compagnie à Roissy (Seine-Saint-Denis). Et terni un peu plus la réputation de la France en matière de dialogue social.

Plusieurs prévenus ont fait part, à l'issue des audiences, de leur sentiment d'injustice, estimant que tous les auteurs des violences n'avaient pas été poursuivis.

Au procès fin septembre, le président du tribunal avait reconnu que tous les participants à ces violences n'avaient pu être identifiés.

Condamné à trois mois avec sursis, Vincent Martinez, ancien délégué du personnel (CGT), a désormais pour priorité de se "reconcentrer" sur sa vie professionnelle, "avec toujours l'envie d'être réintégré par Air France". "Le dossier est vide".

"Ce qu'on attend de voir, c'est si on a vraiment une justice indépendante", a indiqué à l'AFP Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France. "S'il était étayé, il y aurait eu des sanctions +exemplaires+", a-t-il assuré. "Avocate de douze d'entre eux, Me Lilia Mhissen avait dénoncé un " un dossier bâclé " où domine la volonté de trouver à tout prix des " boucs émissaires ". L'annonce d'un nouveau plan de restructuration, alors que 10.000 postes avaient déjà été supprimés entre 2005 et 2015, avait été très mal vécue par des salariés qui estimaient avoir déjà fait beaucoup d'efforts.

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