Valls candidat face à Hollande? Crise au sommet de l'Etat — France

28 Novembre, 2016, 16:41 | Auteur: Lynn Cook

Pour lui, la primaire initiée par le PS "doit donner un élan, de l'espoir".

Contacté par Reuters, un proche de François Hollande a également assuré qu'il n'y aurait "pas de remaniement". Celui qui a démissionné du gouvernement en août 2014 après avoir été ministre de l'Économie a conclu en nuançant: "Je n'imagine pas qu'ils ne se mettent pas d'accord, car ils ont été d'accord pour mener la même politique". Manuel Valls a très mal pris les confidences présidentielles. Le parti a investi sa présidente, l'ex-ministre Sylvia Pinel, 39 ans, comme candidate à l'élection présidentielle de 2017. "C'est une question de jours", précise le Premier ministre, alors que les candidats à la primaire du PS ont jusqu'au 15 décembre pour se déclarer. Une hérésie institutionnelle aux yeux de beaucoup. Car oui, si Manuel Valls y va, alors il n'aura d'autre choix que de quitter ses fonctions gouvernementales, sous peine "d'une impossibilité de gouverner le pays". Pour une raison simple: avec un président sortant, il me paraissait naturel de continuer avec ce président sortant. Mais cinq ans plus tard, le petit parti est traversé par des vents contraires, avec en son sein des partisans d'un soutien à Macron et d'autres à Manuel Valls.

"Maintenant", lâche aussitôt ce même ministre, "ce serait mieux pour tout le monde si le président renonçait et laissait Valls y aller". Plus isolé que jamais dans son camp, François Hollande vit un week-end cauchemardesque. C'est mal connaître l'animal politique qu'il est.

"Ce qui se passe en ce moment dans l'exécutif n'est bon pour personne", a de son côté estimé sur RTL Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains. "Je prendrai ma décision en conscience", a observé Manuel Valls, se gardant d'écarter l'hypothèse d'un face-à-face avec François Hollande. En cause donc: le fait que le Premier ministre n'écarte plus de se présenter face à lui à la primaire de la gauche, fin janvier.

"C'est une victoire de fond, bâtie sur des convictions (.) La France ne supporte pas son décrochage, la France veut la vérité et la France veut des actes", a lancé devant ses partisans cet homme imperturbable à la mise classique, entre hurlements de joie et cris "Fillon président".

Le sondage Harris Interactive publié dimanche soir pourrait calmer les ardeurs de Valls, qui ne ferait pas mieux (9%) que Hollande au premier tour de la présidentielle s'il était le candidat PS.

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