La déroute de Nicolas Sarkozy

22 Novembre, 2016, 12:10 | Auteur: Lynn Cook

Car avec plus de 130 000 votants, les Républicains ont réussi à convaincre deux fois plus d'électeurs que le PS lors de la primaire de la gauche en 2011. Je respecte ce choix. "J'ai travaillé en confiance avec chacun d'eux", a affirmé l'ex-chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans une allocution après l'annonce de ces résultats partiels. "Ce premier tour constitue une surprise, dimanche prochain sera si vous le voulez, comme je le veux, une autre surprise", a-t-il lancé, pugnace, à ses supporteurs. A 23h30, les résultats tombent et selon les informations de M6 info, François Fillon obtenait 44,1% des voix, devant Alain Juppé (28,4%) et Nicolas Sarkozy (20,7%). Cette dernière obtient 2,6% des voix de justesse devant Bruno Le Maire (2,4%) contre 1,5% pour Jean-Frédéric Poisson et 0,3% pour Jean-François Copé.

Un autre naufragé du scrutin, Bruno Le Maire (2,4%) s'est également rallié à François Fillon.

L'ex-président a été imité lundi par l'un de ses plus importants soutiens, le président par intérim des Républicains (LR) Laurent Wauquiez.

En troisième position, sèchement éjecté dès le premier round, Nicolas Sarkozy a réuni 20,7% des voix.

Tristement pour les juppéistes, les premières interventions des porte-paroles d'Alain Juppé montrent qu'ils souhaitent amplifier ce positionnement absurde à gauche de la droite pour une primaire de droite.

Sous le titre, "Fillon, la revanche du +collaborateur+", Cécile Cornudet, dans Les Echos, assure qu'il "n'y a pas plus belle revanche pour François Fillon que de la prendre sur celui qui avait transformé leur couple exécutif, en un permanent supplice vexatoire".

La fusée Fillon était lancée depuis une dizaine de jours, mais l'ampleur de son succès à la primaire de la droite et du centre est une très grande surprise.

Le soutien de Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et actuel sénateur, et de la plupart des élus de la droite et du centre dans le département, n'a pas suffi à Alain Juppé pour s'imposer. Dimanche, la primaire ouverte aura scellé la fin de la carrière politique de Nicolas Sarkozy, lui qui préparait la " reconquête " de l'Elysée cinq ans après en avoir été délogé par François Hollande en 2012.

L'outsider devra d'abord, estime-t-on, descendre sur le terrain pour terminer sa campagne dans un débat télévisé de jeudi prochain face à Fillon, déterminé à maintenir sa distance en revendiquant la ligne "authentique" de la droite.

"Le meilleur agent électoral de Juppé c'est Sarkozy", a longtemps expliqué un ancien ministre, le sage et sérieux contre l'agité, des personnalités si opposées.

La participation à la primaire de la droite s'élevait à près de 4 millions de votants, ce dimanche à 20h30.

La gauche au pouvoir, en miettes, risque en effet d'être éliminée dès le premier tour de la présidentielle en avril 2017, laissant place à un duel au second tour entre le champion de la droite et la chef de l'extrême droite Marine Le Pen.

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