Après la chute de Sarkozy, Fillon favori, Juppé en difficulté

21 Novembre, 2016, 14:32 | Auteur: Lynn Cook

François Baroin, soutien de Nicolas Sarkozy, a visiblement mal digéré la défaite de l'ancien Président. Nicolas Sarkozy, sèchement éliminé, s'est retiré de la vie politique.

Pensant avoir trouvé la martingale, l'ancien président a opté dans sa seconde moitié de campagne pour une tactique visant à pilonner l'alliance "contre-nature" entre le maire de Bordeaux et le "traître" François Bayrou, celui qui avait voté pour Hollande en 2012.

François Fillon réalise donc la première sensation de cette primaire. Son porte-parole Franck Riester a annoncé qu'il soutiendrait Alain Juppé, plus proche de ses convictions. Ceux qui n'ont pas cru en François Fillon, après l'avoir encensé pendant des années, peuvent se mordre les doigts.

Celui qui aurait fait "un bon ministre de la Défense s'il n'avait pas été balladurien" en 1995 (Jacques Chirac), qui étala sa ranc?ur après son éviction du gouvernement en 2005 ("De Chirac on ne retiendra rien, sauf mes réformes"), qui?uvra largement à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 avant d'endurer son "hyperprésidence" pendant cinq ans, a longtemps fait figure de victime idéale. Nathalie Kosciusko-Morizet obtient 2,1% des votes, devant Jean-Frédéric Poisson (1,4%) et Jean-François Copé (0,3%). "Autour de nous une dynamique puissante est enclenchée", a d'ailleurs assuré l'ancien premier ministre qui récolte 44% des suffrages, contre 28% pour le maire maire de Bordeaux. Des arguments déjà utilisés contre le maire de Bordeaux par.

Il a dit laisser libres ses électeurs de se prononcer mais a choisi François Fillon "quels que soient les désaccords passés". Si pour François Fillon, il faut réduire leur empreinte dans les entreprises en supprimant le monopole de présentation syndicale au premier tour des élections professionnelles, Alain Juppé ne se lance pas dans ce combat même s'il mise comme les autres sur le référendum d'entreprise plus que sur les accords syndicaux. "Seulement, il n'a pas fait campagne sur ses projets mais il a fait une campagne contre les autres". "Je ne crois pas qu'on puisse passer cinq ans sans recruter un policier, un militaire, une infirmière", a-t-il dit, reprenant l'angle principal du camp Juppé sur l'objectif de M. Fillon de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires lors du prochain quinquennat. Quand on additionne les soutiens, le deuxième tour semble déjà plié. En 2011, le premier tour de la primaire socialiste avait réuni, 2,66 millions de participants.

Un sondage Opinionway diffusé dimanche soir donnait M. Fillon vainqueur à 54% face à M. Juppé (46%) au second tour.

Selon l'institut de sondage Elabe, 63% des votants sont des sympathisants de la droite et du centre, contre 15% de sympathisants de gauche, 14% affirmant n'avoir aucune sympathie particulière et 8% de sympathisants du Front national.

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