Primaire à droite: le vote commence hors de l'Hexagone

20 Novembre, 2016, 07:41 | Auteur: Lynn Cook

Mais globalement, la photo prise par les sondages successifs donnait toujours Juppé loin devant, Sarkozy deuxième et plus ou moins décroché – entre cinq et dix points – et enfin Fillon et Le maire, tous les deux très décrochés du deuxième.

François Fillon pourrait, contre toute attente prendre la tête des votes ce Weed End des primaires de la droite.

Un élu sarkozyste pronostique même vendredi matin "l'arrivée de François Fillon en tête" dimanche soir. Un, deux, trois millions? "La popularité de Juppé est supérieure aux autres, mais compte tenu de l'incertitude du corps électoral, on ne sait pas", explique un de ses soutiens, qui prédit "une longue soirée". Y aura-t-il trois millions de votants comme à la primaire PS de 2011?

Pour cette primaire, le parti a pris la décision d'ouvrir à tout le monde le vote. Ensuite, "pas de problème, ça vote", selon la même source. Alors c'est pédagogie maximum pour expliquer qui peut voter, quand, où, et comment. "On m'a parfois reproché de voir la vie en rose". Les deux se marquent désormais à la culotte. La remontée de François Fillon est ainsi venue brouiller les lectures et dissiper la sérénité dont avaient fait preuve, jusqu'à présent, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, qui se préparaient déjà à en découdre le 27 novembre, lors du second tour de cette primaire. "François Fillon se présente comme le candidat qui a le programme le plus audacieux".

A 1.000 km de là, l'ex-chef de l'Etat a dénoncé "l'alternance molle" incarnée selon lui par Alain Juppé, qu'il n'a toutefois pas nommé, reprenant un leitmotiv d'une campagne entamée à la fin du mois d'août. "Je dis à Nicolas Sarkozy: reconnais tes erreurs".

Alain Juppé était à Lille, ville de naissance du général de Gaulle, comme il l'a rappelé.

Dans la salle surchauffée du Palais des congrès à Paris, François Fillon a joué à fond la carte du troisième homme devant 3.400 de ses soutiens. Il a reçu jeudi soir l'onction de l'ex-président de la République Valéry Gicard d'Estaing qui l'a jugé "honnête" et "sérieux".

Dans un sud-est à l'électorat réputé plus acquis à sa cause, Nicolas Sarkozy a promis s'il revenait à l'Elysée d'être "le président qui rétablira la République" et "l'autorité", dans une France menacée dans "son identité".

Bruno Le Maire arrive en quatrième position avec 5% (-2%), devant Nathalie Kosciusko-Morizet 3,5% (+0,5%), Jean-Frédéric Poisson 2% (=) et Jean-François Copé 1,5% (+O, 5%).

Or, l'affluence dans les 10.228 bureaux de vote sera décisive. Avec en tête l'angoisse de la fraude.Sur une vidéo diffusée cette semaine par le site internet de RTL, le directeur de campagne de François Fillon, Patrick Stéfanini, conseille aux assesseurs ou délégués "d'être vigilant au moment du déjeuner".