Décédée d'un cancer, une ado cryogénisée dans l'espoir d'être ressuscitée — Grande-Bretagne

20 Novembre, 2016, 06:50 | Auteur: Jonathan Ford
  • Royaume-Uni Avant de mourir d'un cancer une adolescente obtient le droit d'être cryogénisée

Elle a été autorisée à être cryogénisée, dans l'espoir que la médecine future puisse la ressusciter et la soigner.

Je n'ai que 14 ans et je ne veux pas mourir, cependant je sais que je vais mourir.

Elle avait écrit à un juge pour plaider sa cause, en désaccord avec son père, les mineurs n'ayant pas la possibilité de rédiger un testament au Royaume-Uni.

La jeune fille est décédée en octobre, juste après avoir remporté son long bras de fer avec la justice. Une décision révélée après coup, afin de ne pas troubler les derniers jours que la jeune femme, qui a souhaité garder l'anonymat, avait à vivre. Se sachant condamnée, elle avait effectué des recherches sur internet concernant la cryogénisation.

Je veux vivre, et vivre plus longtemps et je pense que dans le futur, ils peuvent trouver un remède à mon cancer et me réveiller.

D'un point de vue juridique, l'affaire ne portait pas tant sur la cryogénisation que sur un différend familial, ses parents, divorcés n'étant pas du même avis sur la question. Si sa mère la soutenait, son père avait émis des réserves sur le bien-fondé de l'opération, notamment sur ce qui se passerait pour sa fille si elle pouvait effectivement être réveillée dans le futur dans un monde dont elle ne connaîtrait rien. Les grands parents ont réuni les plus de 40.000 euros nécessaires.

Non présente à l'audience en raison de son état de santé, l'adolescente a tout de même fait parvenir une requête supplémentaire: que sa mère obtienne tous pouvoirs pour décider du sort de sa dépouille. Il reconnaît néanmoins que la cryogénisation présente un aspect "spéculatif et controversé" mais met en avant les progrès "reconnus" de cette technique. Il a souligné la nécessité de légiférer sur ces sujets, si de telles situations se reproduisent. Un processus qui consiste à vider le corps de son sang pour le remplacer par une substance antigel. Le corps est ensuite conservé à -196° et placé verticalement, la tête en bas, dans un conteneur cylindrique.

L'hôpital britannique où était soignée l'adolescente s'est montré coopératif, même s'il refuse de cautionner la démarche. Le corps de la jeune fille a été transporté outre-Altantique à cet effet. Son corps a été transféré à l'Institut de cryogénisation, une organisation à but non lucratif basée dans le Michigan (nord des États-Unis), pour y être placé dans une chambre de refroidissement contrôlée par ordinateur et destinée à refroidir l'azote liquide dans lequel il est conservé. Mais dans les dernières semaines qui ont précédé le verdict, il se serait finalement peu à peu rangé du côté du choix de sa fille.