Primaire à droite: Fillon, toujours 3e, gagne 10 points

19 Novembre, 2016, 11:31 | Auteur: Sue Barrett

Il a marqué des points jeudi soir lors du dernier débat de la primaire à droite, selon les résultats de deux sondages réalisés après l'émission. "C'est une question que nous devrions nous poser en France aussi", a en revanche lancé Alain Juppé, visant sans les nommer MM. La supériorité de l'ancien président de la République est d'abord manifeste en niveau de mentions globales: Nicolas Sarkozy est le candidat dont on parle le plus sur le réseau social. La semaine dernière, François Fillon avait enregistré un bond significatif dans notre baromètre Ifop-Fiducial, avec un gain de 6 points. En avril et mai 2017, "je l'affronterai, lui ou un autre, comme j'affronterai l'extrême droite et son programme démagogique, et nous les vaincrons le moment venu!", a promis celui qui a même reçu l'onction de l'ex-président Valéry Giscard d'Estaing jeudi soir.

"Quelle indignité! (.) Vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d'innombrables reprises pour diffamation et qui est un menteur?", a répliqué l'ancien président, soucieux de mettre un terme à ce sujet. Les deux hommes sont largement devant François Fillon, qui complète le podium, et les quatre autres candidats. "Ce sont les Français qui jugeront, ce n'est pas vous". Tous les candidats, à l'exception de Nathalie Kosciusko-Morizet, ont rivalisé de propositions souverainistes et protectionnistes.

Peinant à animer un débat technique et policé, les journalistes ont été pris à partie.

Le débat, de bonne tenue quoique parfois un peu décousu, a en fait surtout confirmé la grande tendance de cette fin de campagne: la montée en puissance de François Fillon, qui a clairement fait la différence par rapport à un Bruno Le Maire mal à l'aise et emprunté. Alain Juppé aura, pour sa part, un objectif: conserver sa place de favori. Les outsiders, eux, semblaient plus enclins à en découdre. Il y a aussi tout lieu de se méfier de ce qui ressemble à un emballement de dernière minute dont la solidité n'est pas assurée, alors qu'il ne reste que 72 heures avant le vote.

Sur les questions internationales et de défense, les candidats ont affiché leurs désaccords - notamment sur l'attitude à adopter vis-à-vis de Bachar El Assad - dans des échanges plutôt de bon niveau.

Interrogés au début du débat, les sept candidats ont eu une analyse différente sur les conséquences en France de l'élection de Donald Trump. "Fera-t-il après l'élection ce qu'il avait annoncé?" "La popularité d'Alain Juppé est supérieure aux autres, mais compte tenu de l'incertitude du corps électoral, on ne sait pas", expliquait à l'AFP un de ses soutiens, qui prédit "une longue soirée".

Les candidats ont également abordé le dossier syrien. Mais "en cas de chute de régime", les chrétiens d'Orient auront le choix entre "la valise ou le cercueil", a fait valoir M. Fillon.

Cette phrase, "je la répète tous les soirs dans toutes les salles qui m'ont accueillies en France, et à chaque fois je reçois un accueil immédiat et spontané", a assuré M. Fillon. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, Alain Juppé distance désormais de 12 points Nicolas Sarkozy pour le premier tour de la primaire. Bien avant l'appel de Fillon ou Juppé à venir voter même si la droite n'est pas leur camp historique, nombreux sont les Français qui ont décidé de s'inviter à la fête.

Contrairement à l'ancien chef de l'État, qui fustige les élites lors de ses meetings, Alain Juppé explique au contraire qu'il "ne veut pas dresser les élites contre le peuple".

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