François Fillon bouscule la hiérarchie — Primaires françaises

19 Novembre, 2016, 10:58 | Auteur: Sandy Vega

A trois jours du scrutin, le dernier débat avait l'ambition d'être décisif. Les sept candidats se sont une dernière fois affrontés avant l'élection qui se déroulera le 20 novembre prochain.

Après deux premiers débats parfois animés mais relativement peu déterminants, ce troisième exercice était annoncé comme décisif.

Alain Juppé recrute aussi au centre, dans le Puy-de-Dôme, sur les terres du sarkozyste Brice Hortefeux.

Sur les trois villes les plus importantes de l'Allier, toutes aux mains des Républicains, les maires de Vichy et Moulins penchent pour Alain Juppé.

Tous les sondages publiés ce matin, donnent François Fillon vainqueur du débat, en tout cas c'est lui qui est apparu comme le plus crédible aux yeux des Français. Devant l'ancien chef de l'État mettant en avant son "expérience", son "autorité" et son "énergie", et l'ancien Premier ministre, maire de Bordeaux, incitant à venir "voter en masse", François Fillon, qui a été le Premier ministre de Sarkozy de bout en bout, se dresse comme une alternative sérieuse, selon de nombreux observateurs, maîtrisant les dossiers, tant sur le plan interne qu'externe.

C'est par exemple lui qui veut supprimer le plus grand nombre de postes de fonctionnaires: 500 000, contre 300 000 pour Nicolas Sarkozy et 250 000 pour Alain Juppé. Sarkozy est relégué loin derrière avec 18%. Même chez les sympathisants UDI, il perd des plumes.

Alain Juppé a lui mis en garde contre le rôle extrêmement dangereux de l'Iran dans la région, "qui soutient au Liban le Hezbollah qui envoie ses roquettes sur Israël".

Au sein de la droite, l'ancien président Nicolas Sarkozy a lui aussi adopté un discours dur, en s'attaquant à l'islam ou à l'immigration.

C'était le tremblement de Terre de la semaine dernière. Ce qui pousse, d'une manière ou d'une autre, l'électorat de la droite et du centre à lorgner du côté du Front national, un parti qui n'a jamais caché ses "recettes" extrêmes et qui a été en quelque sorte encouragé par l'élection de Donald Trump aux États-Unis. Alors qu'ils évitaient soigneusement de s'étriper, les candidats s'en sont pris durement aux journalistes qui les interrogeaient.

Populaire dans le monde de l'entreprise, François Fillon joue la carte de l'intransigeance avec un "projet radical" en matière économique et des mesures plus conservatrices sur les sujets de société. Il a ensuite déclaré qu'il plaidait pour une " relation transatlantique qui soit beaucoup plus équilibrée", autrement dit, en intégrant la Russie.

Nathalie Kosciusko-Morizet 45% après le débat (elle devance ainsi Nicolas Sarkozy). " En revanche, la candidature Macron peut retenir des électeurs chez eux, affaiblir Juppé".

"C'est un problème pour la gauche".

Nicolas Sarkozy 31% avant et 35 % après. "D'accord avec Hollande depuis cinq ans et en désaccord depuis cinq heures", a lâché l'ex-président. Le député de l'Eure a même chaud pour sa quatrième place puisque Nathalie Kosciusko-Morizet est créditée de 3,5% des voix. Cette enquête a été réalisée dans la foulée du troisième et dernier débat. "Peut-être qu'on peut éviter de faire vingt minutes de débats sur Macron et passer à autre chose", a-t-elle lâché. Plusieurs critiques craignent néanmoins que ces primaires ne servent qu'à couronner le candidat en avance dans les sondages pour l'élection présidentielle.

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