Le douloureux combat des parents d'un bébé plongé dans le coma

17 Novembre, 2016, 07:27 | Auteur: Jonathan Ford
  • Marseille: le tribunal administratif saisi par un couple qui n'accepte pas l'arrêt des soins de son béb

Le 24 septembre dernier, une fillette d'un an est amenée par ses parents à l'hôpital Lenval de Nice (Alpes-Maritimes), puis transférée le lendemain en urgence à l'hôpital de La Timone, à Marseille (Bouches-du-Rhône), où elle est placée en coma artificiel. Pour les praticiens, qui estiment nécessaire une trachéotomie, poursuivre les soins relèverait d'un "acharnement thérapeutique".

Contre l'avis des médecins, le tribunal administratif de Marseille a ordonné que l'hôpital de La Timone poursuive les soins d'un bébé d'un an plongé dans le coma. On apprend enfin que près de 3.000 voix ont répondu à l'appel d'une pétition de soutien lancée sur la toile par la famille de Marwa. Mais "les médecins pensent qu'elle n'arrivera jamais à respirer seule et estiment que c'est une raison suffisante pour la débrancher sous une semaine", selon le couple qui avait saisi le tribunal administratif en référé pour demander la poursuite des soins. "La fiche de traçabilité des décisions prises de façon collégiale comporte une motivation très lacunaire", souligne-t-il, et des "indications divergentes" ont été données par l'hôpital. Un verdict que Mohamed, le père de l'enfant, ne consent à accepter.

De son côté, Me Christel Schwing, une des avocates de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), a confié au Parisien: "Les parents voient leur enfant bouger, mais cela ne signifie pas qu'il y ait un état de conscience, ni qu'il n'y ait pas de dommages neurologiques irréversibles ". Elle accuse l'hôpital d'avoir, "dans un cynisme déconcertant", décidé de ne pas débrancher l'enfant le 10 novembre, jour de son anniversaire, mais de le faire ensuite pour "libérer la place". "Plusieurs réunions d'équipe se sont tenues pour évaluer et examiner toutes les solutions possibles qui ont été expliquées aux parents". "Il n'y a eu ni prise en charge psychologique ni accompagnement des parents", regrette l'avocate.

Recommande: