Primaire à droite: échanges musclés en direct, Sarkozy en ligne de mire

05 Novembre, 2016, 05:19 | Auteur: Aubrey Nash

Qu'est-ce que nous allons lui promettre. Au premier tour, le maire de Bordeaux est crédité de 39% d'intentions de vote et devance Nicolas Sarkozy. Il précise que, si sa majorité ne sera pas " monocolore", son Premier ministre sera, lui, issu des rangs LR.

Lors d'une séquence consacrée à la gouvernance, Nicolas Sakozy s'est écharpé avec Nathalie Kosciusko-Morizet, son ancienne ministre de l'Ecologie. " Et Alain Juppé d'enfoncer le clou: "Il faut annoncer la couleur avant l'élection, c'est plus loyal".

La stratégie très rassembleuse d'Alain Juppé heurte tous ceux qui font campagne à cette primaire sur le mode "à droite toute", en accentuant les clivages et en promettant, en cas de victoire, une alternance franche, chimiquement pure, sans trop de compromis. Pendant que Le Maire, Copé et NKM s'attaquent à Sarkozy, Juppé et Fillon en sourient en douce. Tu avais dit que si tu étais battu, tu ne reviendrais pas. "Les mots ont un sens", insiste Le Maire.

" Commence d'abord par essayer d'être élu".

Sans surprise, l'ex-chef de l'Etat a aussi été aiguillonné en permanence par Jean-François Copé. "Et justement j'ai trouvé un peu bizarre de faire l'ouverture à gauche, il y a une dizaine d'années ". "Il faut un virage sécuritaire", a lancé le député-maire de Meaux. Les piques ont volé durant ce débat, à l'image de celle envoyée par Nicolas Sarkozy à Nathalie Kosciusko-Morizet: "Tu as été une très bonne porte-parole".

François Fillon est troisième avec 15% auprès de l'ensemble des téléspectateurs et 21% auprès des sympathisants de la droite et du centre. Ces éclaircissements vident de leur substance les attaques répétées du camp sarkozyste et empêchent une dégradation des rapports entre les différents candidats, ce qui aurait affaibli la droite au moment du scrutin.

L'ancien président peut se consoler. En effet, les soutiens de Nicolas Sarkozy pourraient passer de l'autre côté et jouer la carte du FN. Autrement dit, si aucun autre candidat n'avoue officiellement qu'il ne gagnera pas, tous on en tête le face à face qui se joue réellement entre les deux leaders.

On retiendra aussi quelques annonces.

Favori des sondages, Alain Juppé, qui "n'est pas là pour critiquer ce qui a été fait dans le passé", n'a pas voulu entrer dans les polémiques sur la suppression des effectifs de policiers du quinquennat précédent. "Ce n'est pas un engagement, c'est une possibilité", a-t-il expliqué, refusant de confirmer qu'il songeait à Valérie Pécresse. Dans un tacle faisant référence à l'âge, notamment celui d'Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, sourire en coin, a affirmé que s'il était élu en 2017, il ne se représenterait pas en 2022: "J'aurai 67 ans à la fin de ce second mandat, si par hypothèse les Français me le confiaient".

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