Primaire à droite: attaques frontales, Sarkozy pris en tenailles

05 Novembre, 2016, 04:18 | Auteur: Sandy Vega
  • Bruno Le Maire lors de son meeting à Melun

Mais plus que le duel espéré face à son principal rival, le deuxième débat télévisé de la primaire à droite, diffusé jeudi 3 novembre sur BFMTV et I-télé, a surtout tourné à une joute antisarkozyste. Il compte pour cela sur son image d'homme sérieux, doté d'un vrai programme, capable d'incarner une droite traditionnelle décomplexée et volontiers plus souverainiste, lui qui milita jadis contre le traité de Maastricht et l'adoption de l'Euro. L'ancien chef de l'Etat a remis le couvert, un peu plus tard. Un sondage Elabe pour BFMTV/RMC révèle en effet que le maire de Bordeaux est celui qui a le plus convaincu les téléspectateurs (34%). Nicolas Sarkozy, soutenu sur ce point par Jean-Frédéric Poisson, défend "la présomption de légitime défense", car selon lui "le seul fait que le délinquant sorte son arme et pointe un représentant de l'ordre peut justifier l'usage par celui-ci, même si le délinquant n'a pas tiré, de son arme à feu". Au menu de ces échanges: l'Europe, l'éducation et la sécurité, avec un débat divisé en trois parties (questions d'actualité d'abord et deux parties thématiques). François Fillon promet d'être " un président intransigeant avec le respect de la parole donnée aux Français ".

Le sujet auquel on ne pouvait échapper, c'était Bayrou.

Jean-François Copé a frappé le premier, en dénonçant "l'accord du Touquet" de 2003, un "énorme échec". Il faut les " dénoncer ", lance d'entrée de jeu Alain Juppé. François Fillon insiste alors sur la nécessité de reprendre le contrôle des frontières: "Quand on va aux Etats-Unis, on met deux heures à franchir la frontière". Il croit encore possible de ravir la deuxième place à Nicolas Sarkozy.

Rétrogradé à la 4e place, Bruno Le Maire, recravaté, s'est attaché à se présenter comme un "visage neuf". "Je ne lui ai rien promis, il ne m'a rien demandé", a juré Alain Juppé. Le maire de Bordeaux l'emporterait au second tour avec 61% des suffrages.

Les rivaux de Nicolas Sarkozy n'ont pas manqué de critiquer le bilan de l'ancien locataire de l'Elysée et de lui rappeler sa défaite face à François Hollande en 2012. "C'est un problème politique majeur". L'ancien patron de l'UMP n'a jamais pardonné à Bayrou sa "trahison" de 2012, qui lui aurait fait perdre la présidentielle. M. Bayrou a voté contre l'interdiction du voile à l'école.

Quelle attitude vis-à-vis du FN? Pendant ce temps, les autres candidats se penchaient tous sur leur pupitres pour mieux se chamailler avec leurs camarades.

Alain Juppé fait-il réellement la course en tête loin devant le reste de ses concurrents? Aucun des candidats ne revendique de préférer le Front national au candidat de gauche, mais là encore, les voix sont discordantes.

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