Les 5 moments forts du 2e débat — Primaire à droite

05 Novembre, 2016, 05:16 | Auteur: Aubrey Nash

Plus virulents que lors du premier débat, les échanges ont débuté sur la question de l'immigration, après le démantèlement de la "Jungle" de Calais, vaste bidonville dans le nord de la France, et avec la formation d'un camp de fortune à Paris où se concentrent des milliers de migrants.

C'était leur deuxième confrontation, à 17 jours du premier tour du scrutin. Au sommaire: l'Europe, l'éducation (un brin négligée) et la sécurité.

Plusieurs candidats ont déploré, en visant Nicolas Sarkozy, la place trop grande accordée à cette question.

Réponse de l'ancien président français: "Ce n'est pas les accords du Touquet, mais de Canterbury". Il faut les "renégocier d'urgence", a-t-il ajouté.

"Il n'y a pas d'un côté ceux qui savent, de l'autre côté ceux qui sont là pour prendre des cours", a réagi Jean-François Copé, particulièrement mordant. Vers la fin du débat, Nathalie Kosciusko-Morizet n'a ensuite pas manqué d'adresser un dernier uppercut à Nicolas Sarkozy: "On a eu le burkini, on a eu les Gaulois, et maintenant, on nous fait le coup de l'invasion centriste: c'est à la fois mensonger et stupide!". D'entrée, Jean-François Copé a réalisé une sacrée maladresse: "J'assume qu'il faut un gouvernement de choc, avec des ministres de gauche. excusez-moi de droite". Et je ferai comme ma candidate. Mais lorsque Nicolas Sarkozy a entamé son rituel réquisitoire contre François Bayrou, centriste et soutien d'Alain Juppé, le Bordelais est sorti de sa réserve. La condition à ce qu'un chef de l'État redevienne un véritable chef de l'État sera de remettre en cause la construction européenne lorsqu'elle nous prive de souveraineté " a précisé celui qui est aussi le plus à droite de l'échiquier politique.

Le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes a notamment interpellé le maire de Bordeaux sur la place que prendraient le MoDem et François Bayrou dans les législatives de 2017. Mais avec son franc-parler, l'élu versaillais, très catholique, peut devenir l'outsider en vue de cette primaire. Sarkozy justifie sa fixation: "Bayrou a refusé de voter la réforme des retraites, la loi d'interdiction du voile à l'école". Avec une cible principale; non pas le favori comme on pouvait le penser, mais le challenger, Nicolas Sarkozy. Ce qui ne l'empêche pas d'appeler à plus de transparence " poursuit-elle.

Pour les autres candidats, l'enjeu est différent.

" Parfois on retrouve la même contradiction dans les programmes".

Taclé par Bruno Le Maire pour l'ouverture de son gouvernement à des personnalités de gauche, Nicolas Sarkozy lui a répondu, sarcastique, qu'il n'avait pas quitté son poste de ministre.

Lors d'une séquence consacrée à la lutte contre le terrorisme, Nathalie Kosciusko-Morizet a fustigé les relations entre certains hommes politiques et le Qatar. Le député de l'Eure, qui se veut le "candidat de l'honnêteté", s'est lancé dans un petit flow contre Sarko en commençant par une première remarque: "Certains sur ce plateau avaient promis de ne pas se représenter s'ils avaient été battus, ou de se concentrer sur leur ville". Dans une entretien donné à Lyon people, il n'avait pas exclu d'appeler à voter pour le Front national, en cas de duel contre le candidat désigné par la primaire de la droite.

Bruno Le Maire a, au beau milieu du débat, clairement adressé des critiques à deux de ses adversaires. Au second tour, Alain Juppé rafle la mise avec 61% d'intentions de vote contre Nicolas Sarkozy, 39%.

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