Fin de campagne entre invectives et accusations — Maison Blanche

05 Novembre, 2016, 05:31 | Auteur: Lynn Cook
  • Clinton-Trump une lutte sans merci dans la dernière ligne droite de la présidentielle

La voie est extrêmement étroite, mais elle existe: outre la Floride, Donald Trump est donné également gagnant en Caroline du Nord (+0,7 point) et dans l'Ohio (+2,5 points), deux Etats qui semblaient encore acquis à Hillary Clinton ces dernières semaines. Environ 62 % des électeurs, qui n'ont pas encore voté à l'avance comme le permet la législation dans de nombreux États, affirment que l'annonce par le FBI de la découverte de nouveaux e-mails liés à l'affaire du serveur privé d'Hillary Clinton quand elle dirigeait la diplomatie ne changerait pas leur vote.

L'actuel occupant de la Maison Blanche Barack Obama s'est chargé jeudi matin, avec un réel enthousiasme et un plaisir évident, de galvaniser les troupes démocrates dans ce qui sera peut-être l'Etat le plus crucial du scrutin du 8 novembre: la Floride. Mais son score ne donne pas de quoi pavoiser: il a remporté 49% des voix contre 44% pour Hillary Clinton; par comparaison, en 2012, Mitt Romney avait remporté 84% des voix des israélo-américains, contre seulement 14% pour Barack Obama.

Jeudi, il devait tenir un autre meeting floridien à Jacksonville, quelques heures avant la venue du président Obama dans la même ville.

Mais le rebondissement du week-end, avec la relance par le FBI de l'affaire de ses emails, l'a forcée à changer de script pour la dernière ligne droite, en revenant aux attaques au vitriol contre l'impulsivité ou le sexisme de son adversaire populiste, au lieu d'un message plus enjoué de mobilisation et de rassemblement. Défendre le bilan du président sortant est en effet une motivation pour nombre d'électeurs démocrates, même si Hillary Clinton, à l'instar de Donald Trump, bat des records d'impopularité.

Le candidat républicain a été le premier à ouvrir le feu alors que le scrutin du 8 novembre approche à grands pas: l'élection de sa rivale risquerait de provoquer une "crise constitutionnelle sans précédent" aux Etats-Unis et même une "troisième Guerre Mondiale", a-t-il affirmé lors d'un meeting en Floride.

A Pittsburgh, précédée sur scène par le milliardaire Mark Cuban, elle a exhumé des accusations de discrimination au logement ou de vieilles factures non payées par Donald Trump, en l'étrillant sur l'opacité de ses finances personnelles.

Attaquée sur sa probité depuis des mois, la candidate démocrate a vu son avance dans les sondages se réduire et a, elle aussi, décidé de ne plus retenir ses coups face à un rival qui a "passé sa vie à dénigrer, dégrader, insulter et agresser les femmes".

"Imaginez Donald Trump, le 20 janvier 2017, prêtant serment devant le Capitole", a-t-elle dit à Las Vegas, dans l'Ouest, après avoir rendu visite à des employés de casinos. L'ex-First lady n'évoque plus qu'en passant son programme.

Les modèles du New York Times et du site FiveThirtyEight prédisent toujours une victoire de la démocrate avec respectivement 87% et 67,7% de probabilité.

Elle a conclu par un euphémisme: "Mes amis, ce n'est pas une élection normale". Ce faible écart entre les deux candidats équivaut à la marge d'erreur.

C'est l'un des États clés de l'élection, riche de 29 grands électeurs et capable de basculer d'un côté ou de l'autre.

"Ils ne disent rien sur les enquêtes sur Donald Trump, mais quand il s'agit d'Hillary Clinton, pour une raison que j'ignore, ils sont ravis d'en parler", a accusé Robby Mook, en rapportant des informations de presse sur une éventuelle enquête fédérale sur les liens entre des proches de Donald Trump et Moscou.

Recommande: