Les forces d'élite de l'armée sont entrées dans Mossoul — Irak

04 Novembre, 2016, 01:18 | Auteur: Lynn Cook
  • Risque d'une fuite massive des habitants de Mossoul selon une ONG

Pour le général de division irakien Najem Al-Jabouri, commandant en chef des opérations pour libérer Mossoul, "les Français font beaucoup pour nous aider: ils entraînent nos troupes, déploient un porte-avions et leurs canons tirent jour et nuit".

Depuis, les forces armées irakiennes ont petit à petit progressé vers les faubourgs orientaux de Mossoul, et ont également pris le contrôle de plusieurs autres routes autour de la ville, tout en se préparant à livrer une bataille de grande envergure pour s'emparer de Mossoul et en expulser les membres de l'EI. "Nous allons refermer notre étau sur l'EI de tous les côtés", promettait dès lundi soir le Premier ministre irakien.

" À la grâce d'Allah, nous trancherons la tête du serpent", a-t-il dit lors d'une allocution télévisée". Ne cachant pas leur joie, des hommes se rasent en public la longue barbe que les jihadistes les obligeaient à laisser pousser. A l'est et au nord de la ville, les combattants kurdes ont consolidé leurs positions dans les villages récemment repris au groupe Etat islamique.

Au sud, les forces du gouvernement fédéral continuent à progresser mais restent à plusieurs kilomètres de la périphérie de Mossoul.

Enfin, à l'ouest, les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi, une coalition dominée par des milices chiites soutenues par l'Iran, tentent de couper les lignes de ravitaillement de l'EI avec la Syrie en attaquant Tal Afar, et ainsi finir l'encerclement de la ville. Elles bénéficient du soutien de la coalition internationale menée par Washington, notamment via des bombardements aériens et d'artillerie. L'ONU craint un désastre humanitaire. Selon elle, un "modèle" de défense serait en train d'émerger des rangs de Daech: les combattants encercleraient leurs bâtiments de civils afin de les utiliser "comme boucliers humains".

Ces forces hétéroclites, parfois rivales, ont pour l'instant été réparties sur des fronts différents afin de minimiser les risques.

Mais alors que les assaillants sont désormais prêts à lancer l'assaut final dans des zones densément peuplées, les humanitaires s'inquiètent du sort des civils (ils seraient encore plus d'un million dans la ville) et appellent à l'ouverture de couloirs humanitaires. Dans les villages libérés de l'EI aux alentours de Mossoul, les habitants reviennent voir leurs maisons mais ils ne pourront pas se réinstaller avant des mois, le temps que les bombes et mines disséminés par l'EI soient désactivées.

" Nous ne pouvons attendre que la situation d'Alep (en Syrie) se reproduise (à Mossoul), alors qu'on a encore la possibilité de sortir les enfants de la zone de combats", a déclaré Maurizio Crivellaro, directeur pour l'Irak de Save The Children. L'Etat islamique est bien décidé à s'accrocher fermement à sa "capitale" irakienne.

"La Turquie doit être prête à faire face à toute situation et (ce déploiement) fait partie de ces préparatifs", a affirmé Firki Isik, cité par l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

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