Désormais concurrents, Hollande et Valls tentent d'arrondir les angles

04 Novembre, 2016, 00:55 | Auteur: Aubrey Nash

De même, François Hollande lui-même a discrètement recadré Manuel Valls en appelant à ce que "chacun reste à sa tâche".

"Le patron, jusqu'à nouvel ordre, c'est le président de la République", a déclaré le porte-parole du gouvernement lors du Grand rendez-vous Europe 1-iTELE-Les Echos.

"Ce qui n'est pas à la hauteur c'est le spectacle sans précédent d'un premier ministre qui a honte du Président qui l'a nommé".

"L'essentiel aujourd'hui est de mettre en valeur ce que nous avons fait ", a-t-il encore souligné mardi dans une interview à La Voix du Nord. Le Premier ministre progresse de 6 points, pour atteindre 34 % d'opinions positives. Le Premier ministre a implicitement accusé les frondeurs de créer la diversion au sein du parti malmené dans les sondages et un quinquennat de François Hollande jugé décevant par de nombreux militants. Ce mardi 2 novembre n'a évidemment pas fait exception au regard du week-end tumultueux entre François Hollande et Manuel Valls. Sa stratégie est claire: il ne veut pas couler avec Hollande. Manuel Valls n'a pas mâché ses mots, dimanche soir, à propos des divisions de son camp, qu'il invite à sortir du "bac à sable" et de "la cour de récréation". Une "évidence" pour Manuel Valls, qui n'y voit aucun "recadrage" et rappelle que sa "loyauté" à l'égard du chef de l'Etat ne peut pas être remise en question.

En marge d'une visite d'un centre d'accueil et d'orientation de migrants, samedi dans le Maine-et-Loire, François Hollande a été contraint de répondre indirectement à son chef du gouvernement.

En politique, on n'est jamais mort, semble penser le cofondateur du Parti de gauche même si, à la veille d'Halloween, le New York Times a accablé François Hollande en "mort-vivant", archétype de ces responsables politiques qui "apparaissent politiquement en vie alors qu'en réalité, ils sont morts ". Pour Stéphane Le Foll, il "n'est pas inquiétant" que le président ait eu à le rappeler. Peut-être qu'au bout du compte, tous les experts, les cliniciens, les sceptiques, en seront pour leurs frais et oublieront leurs pronostics négatifs pour Hollande, puisqu'il aura mis tout le monde d'accord en étant élu à sa propre succession. "C'est un ami. J'ai aussi du respect pour la fonction", a-t-il expliqué estimant que "personne ne doit participer à un jeu qui doit affaiblir le président de la République".

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