Hollande appelle l'exécutif à la "cohésion et la solidarité"

03 Novembre, 2016, 02:07 | Auteur: Lynn Cook

"Ses mots très directs ont donc été ressentis par l'entourage de François Hollande comme une tentative de différenciation, voire de déstabilisation, d'autant que le Premier ministre ne cache plus sa volonté d'être candidat à la primaire du Parti socialiste, en janvier, si d'aventure le chef de l'État faisait défaut", analyse le journal.

Sa cote de confiance, selon une enquête Harris Interactive lundi, stagne à 18 % mais avec un nouveau signe inquiétant: une chute de 11 points auprès des sympathisants socialistes au profit de Manuel Valls, en nette hausse.

Si Manuel Valls assume le bilan politique du mandat de François Hollande, ce n'est pas le cas du bilan personnel du chef d'Etat. Parmi ces enjeux, François Hollande a évoqué l'Irak, le "front de l'emploi où les choses s'améliorent", le démantèlement de la "Jungle" de Calais et la situation des mineurs isolés qui s'y trouvaient.

A l'Assemblée nationale mercredi, Manuel Valls a critiqué les attaques de Nicolas Sarkozy et de son camp contre François Bayrou, soutien d'Alain Juppé dans la primaire de la droite. "Il devrait aller au bout de sa visible et éphémère exaspération", a ainsi commenté l'ex-ministre de l'Économie Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste.

Laurent Wauquiez "a fait l'École normale (supérieure), me dit-on, j'ai l'impression que c'était plutôt l'école anormale parce que ce type de phrase, de référence, ce manque de respect, participe aussi, et chacun doit en avoir conscience, de la fragilité et de la difficulté d'exercer le pouvoir", a fait valoir le porte-parole du gouvernement.

En politique, on n'est jamais mort, semble penser le cofondateur du Parti de gauche même si, à la veille d'Halloween, le New York Times a accablé François Hollande en "mort-vivant", archétype de ces responsables politiques qui "apparaissent politiquement en vie alors qu'en réalité, ils sont morts ".

En apparence, les deux hommes politiques nient tout recadrage ou tension, mais pourtant les règlements de compte par média interposé vont se poursuivre. Mais il faut être lucide et la franchise est utile parfois.

Sauf qu'un hypothétique désistement de François Hollande pour la présidentielle poussera le Premier ministre à se dévoiler, et qu'à quelques mois de l'échéance, M. Valls affine cette nouvelle stature par des prises de position plus risquées. Récemment, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement français, a indiqué à l'attention de Manuel Valls que je cite " la loyauté, c'est aussi du respect.

A en croire Stéphane Le Foll, "ce Conseil des ministres a été studieux, l'ensemble des membres du gouvernement concentrés, avec deux principes qui se sont clairement affichés, un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne".

Vous voudriez, vous, être dans la tête de Manuel Valls? "J'ai du respect", envers lui, "c'est un ami" a-t-il d'ailleurs souligné. "Personne ne doit participer à un jeu qui doit affaiblir le président de la République".

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