11 personnes présentées au juge après la mort atroce d'un poissonnier — Maroc

03 Novembre, 2016, 01:03 | Auteur: Lynn Cook
  • 11 personnes présentées au juge après la mort atroce d'un poissonnier — Maroc

Le procureur général du Roi près la cour d'appel d'Al Hoceima a annoncé que le juge d'instruction près cette juridiction, avait ordonné mardi, le placement de 8 personnes en détention préventive dans le cadre de l'enquête menée sur les circonstances du décès de Mouhcine Fikri.

Rappelons que la mort tragique d'un vendeur de poisson, broyé par une benne à ordures, suscite une vague d'indignation et de manifestations au Maroc, où les autorités affichent leur volonté de " punir " les responsables de ce drame.

" Cette demande d'ouverture d'enquête vient en relation avec l'incident survenu, le 28 octobre dernier, dans la ville d'Al Hoceima, et en particulier avec les circonstances dans lesquelles se sont déroulées l'achat et la sortie d'une quantité de poisson sans autorisation du port", poursuit l'agence officielle. En voulant essayer de récupérer les poissons, l'homme est tombé dans la benne à ordure, où il a été broyé.

Dimanche déjà, ce drame humain a poussé des milliers de personnes à participer à ses funérailles, avant de se rassembler de nouveau dans la soirée dans le centre d'Al-Hoceima, cité côtière d'environ 55.000 habitants. "Criminels, assassins, terroristes", scandaient notamment les manifestants, ou encore "Ecoute makhzen [palais royal], on n'humilie pas le peuple du Rif!".

Des rassemblements de moindre ampleur ont eu lieu dans plusieurs autres villes du Rif mais aussi à Marrakech et Rabat, où plus d'un millier de personnes, dont de nombreux militants de la cause berbère, ont défilé au cri de "Nous sommes tous Mouhcine!", a constaté l'AFP.

Le Front Populaire (FP) a appelé, via un statut posté sur sa page Facebook, l'ensemble des citoyens et les composantes de la société civile à participer à un rassemblement de protestation, ce mardi 1er novembre 2016, devant les locaux de l'ambassade du Maroc à Tunis.

En signe d'apaisement, le roi Mohammed VI a dépêché à Al-Hoceima son ministre de l'Intérieur Mohammed Hassad pour présenter ses condoléances à la famille du défunt.

"Nous sommes venus pour condamner le crime odieux commis contre le martyr Mouhcine Fikri. Toutes les questions se posent à partir de là ". Mais "personne n'avait le droit de le traiter ainsi", a déploré M. Hassad, promettant les conclusions de l'enquête d'ici "quelques jours". L'un des éléments déclencheurs de ce mouvement de révolte avait été le suicide en Tunisie d'un vendeur ambulant qui s'était immolé en réaction à la saisie de sa marchandise. Elle fut aussi l'un des principaux foyers de contestation en février 2011. "[Mouhcine Fikri] n'a pas supporté que sa source de revenus soit détruite de la sorte, et a menacé de se suicider si la saisie était détruite". Les autorités l'ont forcé à se débarrasser de plusieurs caisses d'espadon, une espèce dont la pêche est interdite, a expliqué Fassal Aoussar, représentant local de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH): "La marchandise avait une valeur importante (.) Le vendeur s'est jeté pour sauver ses poissons et a été écrasé dans la machine ".

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