L'évacuation de la Jungle de Calais touche à sa fin — Crise migratoire

02 Novembre, 2016, 01:53 | Auteur: Aubrey Nash
  • Des bénévoles escortent des jeunes migrants vers des autocars à Calais le 28 octobre qui vont les conduire vers des centres

Les autorités françaises ont annoncé "la fin de la jungle" après l'évacuation de près de 5600 personnes en trois jours, dont 4400 parties en autocar pour des centres d'accueil répartis sur tout le territoire.

Symbole de la difficulté de l'Europe à faire face à la crise migratoire, le plus grand bidonville de France abritait encore la semaine dernière, selon les autorités, 6400 personnes, principalement venues du Soudan, d'Érythrée et d'Afghanistan, 8100 selon les associations.

Environ 200 d'entre eux ont dormi mercredi soir dans le froid, comme des dizaines d'autres migrants qui s'accrochent encore à l'espoir de gagner l'Angleterre.

Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais, a même évoqué une "tradition" pour cette communauté "qui met le feu à leur habitation au moment de la quitter".

Un total de 68 mineurs ont été accueillis après le plaidoyer et ont été emmenés au centre d'enregistrement, avant d'être orientés vers les centres d'accueil spécialisés dans le traitement des mineurs. Hier, huit bus sur les dix mis en réserve, transportant en tout 226 majeurs et 16 mineurs, sont encore partis de Calais, selon Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

Selon la préfète, de nouveaux arrivants viennent à Calais pour profiter du transfert vers des centres en dur.

Des associations, dont L'Auberge des migrants et le Secours catholique ont, elles, affirmé qu'entre 2.000 et 3.000 migrants ayant fui la "Jungle" se sont ré-installés ailleurs, dans le Calaisis ou à Paris, destination confirmée par la police aux frontières (PAF).

"Des moyens plus importants" vont être déployés par l'entreprise chargée de déblayer le site, avec l'objectif de "détruire les habitats à l'abandon", a dit Mme Buccio. "C'est vraiment pas bien, on est obligés de partir mais on n'a pas d'endroit pour dormir ce soir", se plaignait un Afghan contemplant la fumée. Ces travaux seront terminés lundi soir et "toutes les tentes auront été enlevées et les déchets supprimés", a assuré Fabienne Buccio.

Les pelleteuses sont entrées en action ce jeudi matin pour raser la " Jungle " de Calais.

Certains ont incendié leurs abris de fortune en partant, et le feu s'est propagé mercredi dans tout le camp.

Jeudi matin, au moins une centaine de jeunes migrants, tous mineurs selon eux, se sont encore massés devant le centre de transit ouvert pour l'évacuation de la "Jungle" mais qui est désormais fermé, "pour éviter un appel d'air", selon la préfète. "J'ai dormi ici, pas dans la +Jungle+, c'est trop dangereux". Notre mission est remplie, une page se tourne (...). "Le sort des enfants de Calais, après la démolition, est pire qu'avant", a alerté Save the Children.

De Calais, les migrants sont ainsi évacués en autocar par groupes de 50 vers les 450 centres d'accueil et d'orientation que compte la France. Ils ont demandé que Londres "prenne rapidement ses responsabilités et accueille ces mineurs, qui souhaitent être transférés au Royaume-Uni".

"Il faut être vigilant et donner des garanties pour que le campement ne se reproduise pas" et "empêcher que les migrants ne reviennent", a-t-elle ajouté.

"On veut toujours passer en Angleterre, on reste ici", explique Mohamed, un Soudanais de 30 ans.

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