CETA: le sommet UE/Canada "annulé", pas de nouvelle date

02 Novembre, 2016, 01:46 | Auteur: Lynn Cook

Le sommet européen qui devait se tenir jeudi à Bruxelles pour signer l'accord de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada (CETA) "est annulé", les Belges, qui bloquent l'accord, n'étant pas encore parvenus à s'entendre sur une position commune, a-t-on appris de source européenne. Le timing va être serré pour les députés wallons qui siègent aussi à Bruxelles. Le bureau de Justin Trudeau avait confirmé peu de temps avant que le Premier ministre resterait finalement à Ottawa pour des "rencontres privées".

Un accord a été dégagé au sein du comité de concertation qui était chargé de trouver une position commune au fédéral et aux entités fédérées sur le CETA (accord de libre-échange entre Européens et Canadiens), a annoncé jeudi le Premier ministre Charles Michel.

Les différentes régions et communautés linguistiques belges se sont retrouvées jeudi matin - pour la quatrième fois en 24 heures - avec le gouvernement fédéral afin de parachever leur position.

"Au-delà de la date de signature, ce qui est important c'est que la Belgique trouve un accord", a estimé Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen mercredi à Strasbourg.

"Nous avons enfin trouvé un accord entre Belges", a pour sa part déclaré le ministre-président de la région francophone de la Wallonie, le socialiste Paul Magnette, chef de file des opposants au CETA. "La Wallonie est extrêmement heureuse que nos demandes aient pu être entendues", s'est réjoui M. Magnette.

A Ottawa, le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait auparavant fait savoir qu'il annulait sa visite jeudi à Bruxelles. "Cela doit être discuté avec l'autre côté de la rue", a-t-il ajouté, désignant le bâtiment du Conseil européen, qui fait face, à Bruxelles, à la Commission.

Les opposants belges au CETA critiquaient notamment le mécanisme d'arbitrage (ICS) qu'il instaurerait en cas de conflit entre un investisseur et un Etat.

Les dirigeants des instances européennes, tout comme le gouvernement canadien, s'étaient refusé jusqu'à la dernière minute - en termes de logistique - à annuler ce sommet. Ce à quoi Benoit Hellings (Ecolo) n'a pas tardé à répondre en soulignant que le Premier ministre avait pu discuter pendant plus de 4 jours pour parvenir à cet accord, et qu'il serait ainsi "logique" que entités fédérées disposent de la "même durée pour se plonger dans le texte". Ils craignent aussi que l'accord ne dégrade la filière agricole, un enjeu majeur en Wallonie.

"Si cela se concrétise, c'est une excellente nouvelle y compris pour la francophonie", a déclaré M. Dion, se disant "prudemment optimiste", alors qu'il participe à Paris à une conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone.

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