Calais : fin du démantèlement de la "Jungle", les derniers abris détruits

02 Novembre, 2016, 02:31 | Auteur: Sandy Vega
  • Un migrant dans le quartier de Stalingrad le 15 septembre 2016 à Paris

"C'est très important que nous ayons pu, en quelques jours (.) évacuer de Calais 5000 personnes et les accueillir dans les places qui étaient prévues: 450 centres d'accueil et d'orientation, qui pourront aller jusqu'à 9000 places", a déclaré le chef de l'Etat, en visite dans un centre d'accueil et d'orientation (CAO) de migrants du centre du pays qui héberge 38 personnes.

"Ils seront très rapidement acheminés vers d'autres centres", a promis samedi François Hollande.

"Nous allons faire la même opération que pour Calais mais dans des conditions différentes", a-t-il détaillé. Une petite église et deux petites mosquées, l'une dans la partie nord, l'autre dans la partie sud, n'ont pas été démolies, "pour permettre aux mineurs encore présents au sein du CAP de s'y recueillir", selon un communiqué de la préfecture du Pas-de-Calais.

Les autorités françaises ont lancé lundi une vaste opération de démantèlement du campement de Calais qui abritait entre 6.400 et 8.100 migrants. Le gouvernement doit encore composer avec les 1.500 mineurs qui logent à proximité, dans des conteneurs aménagés.

Seuls quelque 1500 mineurs rassemblés dans un centre d'accueil peuplent encore la zone désertée, en attendant l'instruction de leur dossier de réunification familiale pour la Grande-Bretagne.

François Hollande a également affirmé que les migrants ne relevant pas de l'asile "doivent être raccompagnés dans leur pays d'origine, et ils le sont", évoquant "49.000 refus d'admission aux frontières" suite au rétablissement du contrôle aux frontières de la France après le 13 novembre 2015. Beaucoup de ces jeunes gardaient espoir de franchir la Manche, pour pouvoir se construire une "vie meilleure". "Terminé la Jungle, terminé l'Angleterre, je veux rester en France maintenant", a-t-il confié.

Ces hommes et ces femmes, dont 85% sont éligibles au statut de réfugié, selon les autorités, pourront désormais demander l'asile depuis leurs CAO. Entre 2.000 et 2.500 migrants auraient rejoint le campement sauvage qui s'est formé ces derniers jours dans le nord-est de Paris, dans le quartier de Stalingrad.

" Cet acte de destruction est incompréhensible ", déplore Pascal Froehly, bénévole du Secours catholique, qui travaille depuis sept ans à l'intérieur de la Jungle." L'église orthodoxe du camp est un monument: "la démolition de cette œuvre collective, dont les matériaux ont été fournis par des associations, est une blessure supplémentaire infligée aux réfugiés", poursuit-il, ajoutant que la police bloquait, depuis le début de la matinée du 31 octobre, l'accès aux portes de l'édifice religieux. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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