Vers la fin du démantèlement de la "Jungle" de Calais — France

29 Octobre, 2016, 02:38 | Auteur: Sandy Vega
  • Vers la fin du démantèlement de la

On peut le regretter, mais cela fait partie des traditions des migrants de détruire leur habitat avant de partir.

Dès 08H30 jeudi, les pelleteuses étaient entrées en action pour raser le bidonville pour éviter tout "appel d'air", a expliqué la préfète Fabienne Buccio, car "on a commencé à voir arriver des migrants d'Allemagne, de Paris et d'ailleurs".

Les travaux de nettoyage du site seront en principe terminés lundi soir. Il y a des personnes ici qui partent là-bas alors qu'ils n'ont personne en Grande-Bretagne.

Jeudi, huit bus sur les dix mis en réserve, transportant en tout 226 majeurs et 16 mineurs, sont encore partis de Calais, selon Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

"Plus de 2.000 migrants" se sont installés à Paris depuis la dernière opération de mise à l'abri menée le 16 septembre, a estimé vendredi Jean-François Carenco, le préfet de la région Ile-de-France, réfutant l'hypothèse d'un afflux massif faisant suite au démantèlement de la "Jungle" de Calais. Les autres, entre 20 et 30, ne se sont pas présentés pour le départ.

A en croire la maire de Calais, Natacha Bouchart, "1.000 migrants se sont dispersés dans les alentours en attendant que les choses se calment" mais n'ont pas renoncé à leur rêve d'Angleterre.

Jeudi matin, peu avant le début du déblaiement, une centaine de migrants s'étaient massés devant le centre de transit.

Environ 4.500 personnes ont été transférées vers des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) en régions.

Ils souhaitent "que le Royaume-Uni prenne rapidement ses responsabilités" et accueille les mineurs isolés ayant des liens familiaux ou "dont l'intérêt supérieur est d'être accueillis" dans ce pays.

A l'extérieur du centre de transit, certains ont dormi dehors par grand froid, des irréductibles qui s'accrochent à l'espoir de traverser la Manche. Faute d'avoir été enregistrés au cours des trois jours de l'opération, ils n'ont pas été admis au centre d'accueil provisoire (CAP) proposant 1500 places pour les enfants, à proximité de la "Jungle". Il contient 1.500 places, mais affiche complet depuis mercredi.

Alors que la ministre de l'Intérieur britannique appelle la France à protéger "comme il se doit" les mineurs toujours bloqués dans la zone de Calais et que la France rappelle les Britanniques à leurs "responsabilités", sur le terrain les associations humanitaires font comme elles peuvent.

"Dans le même temps et à ce jour, le Royaume-Uni a accepté le transfert sur son sol de 274 mineurs isolés depuis Calais", ajoutent Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse.

Un pas en avant a été franchi vendredi à la mi-journée pour résorber le nombre des jeunes migrants, une bonne centaine, qui erraient depuis mercredi soir aux abords de ce qui reste de la "Jungle" de Calais, qui continue d'être démolie. Quelques migrants ont pourtant dormi là, comme cet Afghan, dans sa caravane: "Je n'ai pas peur de la police", lance-t-il, bravache.

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